« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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Eric Letty

Eric Letty

Editorialiste

La croix, signe de contradiction

Faut-il se réjouir ou se désespérer que la Croix demeure un signe de contradiction dans notre société matérialiste ? Si l’on considère « l’affaire » de la croix de Ploërmel sous un angle simplement politique ou sociologique, on est conduit à déplorer une nouvelle agression contre le christianisme, à laquelle le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative de la République laïque, a donné, si j’ose dire, sa bénédiction. Après onze années de conflit, la Fédération morbihannaise de la libre pensée a obtenu, non pas l’enlèvement de la statue du pape Jean-Paul II de la place qui porte son nom, mais l’arasement de la croix qui la surplombe et choque, paraît-il, les pudeurs laïcardes. Soulignons au passage l’effarante erreur commise par les conseillers d’État en dissociant ainsi la statue de la croix, alors que les éléments de l’œuvre ne peuvent être séparés sans l’accord de son auteur, le sculpteur Zurab Tsereteli, qui en garde la propriété intellectuelle. S’il n’y consent pas, il faudra conserver la croix ou retirer aussi la statue – à moins…
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L’Europe à la catalane

L’histoire ne repasse pas les plats, mais il arrive qu’elle les réchauffe. La république de Catalogne, qui fait les gros titres de l’actualité, fut proclamée à quatre reprises dans le passé : en 1641, époque à laquelle les Catalans se placèrent sous la protection du roi Louis XIII (la France y gagna le comté de Roussillon et une partie de la Cerdagne par le traité des Pyrénées signé en 1659), puis en 1873, en 1931 et en 1934. Les velléités sécessionnistes de cette région ne datent donc pas d’aujourd’hui, mais elles ont connu un fort développement au cours de la dernière décennie – d’autant plus remarquable qu’un phénomène semblable est apparu ou s’est renforcé dans d’autres régions de l’Europe, par exemple en Écosse.En outre, ces particularismes s’affirment au moment où la bureaucratie européenne tente de se doter d’un gouvernement fédéral auquel les « États membres » seraient subordonnés, et a mis en place une centralisation de plus en plus pesante. Par une réaction plus ou moins consciente, les peuples de l’Europe de l’Ouest,…
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La grande misère des partis de droite

Assommées. Quatre mois après l’accession d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, les droites, dans leur ensemble, n’en finissent pas de traverser un désert politique et de régler les comptes des élections perdues. C’est le cas des « Républicains », qui ne se remettent pas d’une défaite jugée impossible ; mais aussi du « Rassemblement Bleu Marine », dont la figure de proue s’est fracassée lors de son débat avec Macron et dont l’accès au second tour, au lieu d’une victoire, a pris le goût amer d’un échec. De part et d’autre, les querelles internes stérilisent les énergies et empêchent l’émergence d’une opposition sérieuse au nouveau gouvernement. On en reste au niveau zéro de la politique, entre « petites phrases » et polémiques « touitées ».Chez les « Républicains », les velléités d’opposition sont en outre découragées par l’existence du courant « constructif » tenté de se rallier au pouvoir, et par les luttes de chefaillons sur fond de vraies divergences idéologiques. Ces divergences ont été récemment illustrées par la sortie de Valérie Pécresse à propos de « la force d’âme » de la…
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Le Pape François se trompe de charité

Pour préparer la « journée mondiale du migrant et du réfugié 2018 », le pape François a diffusé, le 15 août, un message dans lequel il appelle à ouvrir largement les portes à l’immigration, au nom de la charité. Il est pourtant douteux que cette dernière y gagne. Les propositions de François émanent d’une conception essentiellement individualiste de l’immigration, envisagée comme un droit personnel qui primerait sur celui des nations. Cette opposition ne me paraît pas fondée. Dans son livre Mémoire et identité, saint Jean-Paul II rappelait que « la doctrine sociale catholique considère que tant la famille que la nation sont des sociétés naturelles et ne sont donc pas le fruit d’une simple convention. C’est pourquoi, dans l’histoire de l’humanité, elles ne peuvent être remplacées par rien d’autre. » Le pape polonais y définissait la nation comme « une communauté qui réside dans un territoire déterminé et qui se distingue des autres nations par une culture propre » et insistait sur l’importance de la culture nationale dans la résistance de son pays et de…
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La France macronisée

Rien ne pourrait faire plus de plaisir à Emmanuel Macron que de lui dire qu’il ne ressemble pas à ses prédécesseurs immédiats. Il a voulu en prendre le contre-pied avec un sens aigu de la communication, ayant compris – il l’a dit – que dans leur subconscient, les Français n’appellent pas de leurs vœux, pour les représenter, un marchand de tapis monté sur talonnettes ou un guignard normalisé par sa médiocrité, mais cultivent la nostalgie des siècles d’or et des rois.Mais il ne suffit pas de japper pour ressembler au lion. Il n’est pas élu depuis un mois que, déjà, l’on commence à se douter que ce roi d’opérette n’est qu’un comédien – à moins, ce qui serait plus grave, qu’il ne soit que la doublure de plus grands et redoutables que lui. Dès l’origine, l’Élu, issu de l’Inspection des Finances – l’élite de Bercy – et de la banque Rothschild, est apparu comme un homme de la Finance. Il n’est pas irrationnel de se demander quels maîtres il sert.La…
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La farce démocratique

On en revient toujours à La Fontaine. Français, nous grenouillons ! Il est vrai qu’après cent cinquante ans de République, notre peuple a de solides motifs d’être las de l’état démocratique. Et la farce politique à laquelle nous assistons depuis neuf mois – le temps qu’il a fallu à Marianne pour accoucher de Macron – illustre, derrière la fiction du nouveau Jupiter appuyé sur Démos, la faillite du système.L’ensemble du feuilleton forme une leçon de démocrassie, depuis l’organisation des primaires, présentées à l’origine comme une grande avancée démocratique et qui se sont soldées par la débâcle des principaux partis de gouvernement, jusqu’à l’élection de la chambre improbable par moins de la moitié des électeurs inscrits. Un triomphe… ?Le long épisode Fillon devrait conduire à s’interroger sur la manipulation des masses, l’illusion de la séparation des pouvoirs politique et judiciaire, l’ingérence de l’idéologie dans le fonctionnement de la justice, la collusion des parquets et de la presse, l’assujettissement des médias à la finance. En somme, tout ce qui a abouti à l’élimination pathétique…
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Pour une France jeune et « raide »

Samedi 25 mars, en l’église Saint-Augustin, le cardinal Sarah a donné une conférence sur la défense de la vie, à l’occasion du 23e anniversaire de la mort du professeur Jérôme Lejeune. Le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a décrit la dimension eschatologique de la bataille engagée contre Dieu et les hommes par « le dragon infernal rouge feu à sept têtes », les forces de mort et le « Goliath des puissances financières et médiatiques, lourdement armé et protégé par la cuirasse de ses fausses certitudes et par les nouvelles lois contre la vie », en face duquel « l’Église constitue le dernier rempart contre la barbarie ».Je mesurais, en l’écoutant, la distance sans mesure qui sépare ce combat, dont nous sommes l’enjeu, de l’ahurissante médiocrité du spectacle politicien qui nous est actuellement présenté. Les sujets de civilisation qui engagent notre avenir sont systématiquement exclus de ce débat en toc, dont les protagonistes ne semblent s’intéresser qu’aux salaires de Pénélope et aux costumes de François Fillon, ou aux…
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Le système contre le peuple

Comme l’on pouvait s’y attendre, François Fillon, a gagné son pari, dimanche 5 mars, en parvenant à mobiliser massivement l’électorat conservateur sur la place du Trocadéro. Les pétochards qui l’avaient abandonné, croyant avoir lu dans la presse et les sondages son acte de décès politique, en seront quittes pour aller à Canossa s’ils veulent récupérer une gamelle. Beaucoup se sont déjà mis en chemin. Le candidat Fillon sera trop heureux de les récupérer au nom d’une unité factice, comme il sera content de retrouver les bonnes grâces des centristes de l’UDI. « L’affaire Fillon » est emblématique de la rupture entre le pays réel et le pays légal – le Système dont l’ancien premier ministre est lui-même un produit et qu’il n’aspire au fond qu’à réintégrer. C’est ce qui explique que, tout en criant à « l’assassinat politique », il se refuse à dénoncer explicitement la collusion de l’Argent, de la presse, du pouvoir politique et de la justice (mais alors, où sont les assassins ?). C’est pourtant bien pour protester contre l’acharnement politique, médiatique…
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