« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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Eric Letty

Eric Letty

Editorialiste

L’euthanasie, une conspiration contre Dieu et contre l’homme

Le triomphe du Meilleur des mondes est-il inexorable ? Sans l’Espérance chrétienne, on pourrait le craindre. Dans le monde décrit par le livre prophétique d’Aldous Huxley, l’homme était procréé artificiellement, la famille avait disparue et, en fin de vie, les êtres humains habitant ce monde déshumanisé étaient euthanasiés. Notre réalité rejoint de plus en plus cette fiction. À peine entamée la pseudo « concertation » qui, dans l’esprit de nos gouvernants, doit « consensuellement » déboucher sur la possibilité pour les paires de lesbiennes de recourir à la PMA sans père, voilà que 156 députés, appartenant principalement à la majorité présidentielle LREM, mais aussi à la Nouvelle Gauche, aux Radicaux, au Modem, à l’UDI et aux Républicains, signent une tribune intitulée « Euthanasie : allons plus loin avec une nouvelle loi ». Elle avait été initialement publiée dans Le Monde par Jean-Louis Touraine, député LREM et vice-président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.Cette obstination surprend, alors que les soins palliatifs, insuffisamment développés en France, permettent aujourd’hui d’accompagner les personnes qui vivent les derniers temps de…
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Maurras, pas commémoré mais toujours actuel

Maurras l’a échappé belle ! Le vieux royaliste irréductible, que Bernanos menaçait jadis d’avoir des obsèques au Panthéon, a manqué figurer au recueil officiel des commémorations républicaines. Certes, commémorer n’est pas fêter, comme l’ont rappelé Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, membres du Haut Comité des commémorations nationales. Tout de même, cela aurait fait mauvais effet dans sa biographie posthume. Grâces soient donc rendues à SOS-Racisme, à la Licra et aux phalanges de censeurs sorties des officines associatives, de nous avoir épargné ça ! Et loués soient-ils aussi d’avoir attiré l’attention des Français sur l’œuvre trop oubliée de ce penseur politique de premier rang, dont les idées sont trop souvent caricaturées et le nom utilisé avec une connotation forcément péjorative pour discréditer tout politicien de droite, ou étiqueté comme tel, coupable d’avoir franchi une mystérieuse ligne Buisson-Maurras qui paraît être le nouveau Rubicon idéologique de la gauche.Les contempteurs de Maurras lui auront ainsi assuré une nouvelle publicité. Puisse-t-elle inciter une partie, la plus large possible, de nos compatriotes à lire ce pestiféré, à la…
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La politique d'en même temps

Macronisme ambiant oblige, je souhaite une bonne année « et en même temps » une bonne santé à tous les lecteurs de Monde&Vie. Je précise toutefois qu’à la différence de la formule présidentielle, désormais aussi emblématique d’Emmanuel Macron que sa politique, ces vœux ne cultivent aucun paradoxe, la bonne année et la bonne santée n’étant pas exclusives l’une de l’autre.À l’inverse, quand le président-communicateur crie vive l’Europe «… et en même temps » vive la France, comme il l’a fait en adressant ses propres vœux aux Français, à la presse ou au corps diplomatique, tout est à craindre soit pour l’Europe, soit pour la France, et sans doute même pour l’une et l’autre.Ainsi Macron déclare-t-il que « nous avons besoin (…) de retrouver une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique parce que c’est bon pour notre peuple »… et en même temps, que « l’année 2018 sera à ses yeux celle de la cohésion de la Nation », avec une majuscule, s’il vous plaît ! Il appelle même les Français à la mobilisation : « Demandez-vous chaque matin ce que…
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En marche vers le technomadisme

« Un  flot de mots creux sur un désert d’idées », a résumé un conseiller municipal. C’est tout l’effet que la prestation d’Emmanuel Macron, le 23 novembre, devant l’Association des maires de France réunie en Congrès a produit. Le président de la République est parvenu, au mieux, à ne pas se faire (trop) conspuer, sans désarmer pour autant la méfiance de ces élus locaux. La véritable question ne se réduit d’ailleurs pas, loin s’en faut, à la manière dont a été reçu et perçu son discours. La politique conduite par le gouvernement à l’égard des collectivités locales concerne à la fois ces dernières et les contribuables locaux.Le chef de l’État a assuré aux maires que la suppression partielle de la taxe d’habitation sera financée par les économies que l’État va réaliser. Mais de quelles économies parle-t-il, alors que le projet de loi de finances pour 2018 prévoit un solde négatif de -82,9 milliards d’euros l’an prochain, contre -76,5 milliards d’euros en 2017, soit une aggravation du déficit de 6,4 milliards ? Si les…
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La croix, signe de contradiction

Faut-il se réjouir ou se désespérer que la Croix demeure un signe de contradiction dans notre société matérialiste ? Si l’on considère « l’affaire » de la croix de Ploërmel sous un angle simplement politique ou sociologique, on est conduit à déplorer une nouvelle agression contre le christianisme, à laquelle le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative de la République laïque, a donné, si j’ose dire, sa bénédiction. Après onze années de conflit, la Fédération morbihannaise de la libre pensée a obtenu, non pas l’enlèvement de la statue du pape Jean-Paul II de la place qui porte son nom, mais l’arasement de la croix qui la surplombe et choque, paraît-il, les pudeurs laïcardes. Soulignons au passage l’effarante erreur commise par les conseillers d’État en dissociant ainsi la statue de la croix, alors que les éléments de l’œuvre ne peuvent être séparés sans l’accord de son auteur, le sculpteur Zurab Tsereteli, qui en garde la propriété intellectuelle. S’il n’y consent pas, il faudra conserver la croix ou retirer aussi la statue – à moins…
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L’Europe à la catalane

L’histoire ne repasse pas les plats, mais il arrive qu’elle les réchauffe. La république de Catalogne, qui fait les gros titres de l’actualité, fut proclamée à quatre reprises dans le passé : en 1641, époque à laquelle les Catalans se placèrent sous la protection du roi Louis XIII (la France y gagna le comté de Roussillon et une partie de la Cerdagne par le traité des Pyrénées signé en 1659), puis en 1873, en 1931 et en 1934. Les velléités sécessionnistes de cette région ne datent donc pas d’aujourd’hui, mais elles ont connu un fort développement au cours de la dernière décennie – d’autant plus remarquable qu’un phénomène semblable est apparu ou s’est renforcé dans d’autres régions de l’Europe, par exemple en Écosse.En outre, ces particularismes s’affirment au moment où la bureaucratie européenne tente de se doter d’un gouvernement fédéral auquel les « États membres » seraient subordonnés, et a mis en place une centralisation de plus en plus pesante. Par une réaction plus ou moins consciente, les peuples de l’Europe de l’Ouest,…
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La grande misère des partis de droite

Assommées. Quatre mois après l’accession d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, les droites, dans leur ensemble, n’en finissent pas de traverser un désert politique et de régler les comptes des élections perdues. C’est le cas des « Républicains », qui ne se remettent pas d’une défaite jugée impossible ; mais aussi du « Rassemblement Bleu Marine », dont la figure de proue s’est fracassée lors de son débat avec Macron et dont l’accès au second tour, au lieu d’une victoire, a pris le goût amer d’un échec. De part et d’autre, les querelles internes stérilisent les énergies et empêchent l’émergence d’une opposition sérieuse au nouveau gouvernement. On en reste au niveau zéro de la politique, entre « petites phrases » et polémiques « touitées ».Chez les « Républicains », les velléités d’opposition sont en outre découragées par l’existence du courant « constructif » tenté de se rallier au pouvoir, et par les luttes de chefaillons sur fond de vraies divergences idéologiques. Ces divergences ont été récemment illustrées par la sortie de Valérie Pécresse à propos de « la force d’âme » de la…
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Le Pape François se trompe de charité

Pour préparer la « journée mondiale du migrant et du réfugié 2018 », le pape François a diffusé, le 15 août, un message dans lequel il appelle à ouvrir largement les portes à l’immigration, au nom de la charité. Il est pourtant douteux que cette dernière y gagne. Les propositions de François émanent d’une conception essentiellement individualiste de l’immigration, envisagée comme un droit personnel qui primerait sur celui des nations. Cette opposition ne me paraît pas fondée. Dans son livre Mémoire et identité, saint Jean-Paul II rappelait que « la doctrine sociale catholique considère que tant la famille que la nation sont des sociétés naturelles et ne sont donc pas le fruit d’une simple convention. C’est pourquoi, dans l’histoire de l’humanité, elles ne peuvent être remplacées par rien d’autre. » Le pape polonais y définissait la nation comme « une communauté qui réside dans un territoire déterminé et qui se distingue des autres nations par une culture propre » et insistait sur l’importance de la culture nationale dans la résistance de son pays et de…
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