« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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Gabrielle Cluzel

Gabrielle Cluzel

Journaliste
 

« Le féminisme à son origine était une aspiration naturelle »

Gabrielle Cluzel est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, dont Rien de grave (Prix Renaissance 2006) et d’un essai sur les dernières heures du féminisme, Adieu Simone (éd. Le Centurion). Elle s’explique ici, avec la verve qu’on lui connaît, sur le féminisme comme idéologie, même si elle n’oublie pas qu’il s’agit aussi d’une aspiration naturelle ! Gabrielle Cluzel, nos lecteurs vous connaissent bien, à travers votre chronique toutes les trois semaines, vous défendez avec esprit, en toute occasion la cause des femmes et en même temps vous écrivez sur ce que vous avez appelé dans un ouvrage récent « les dernières heures du féminisme ». N’y a-t-il pas une contradiction dans cette double attitude ? Non, je ne crois pas. C’est le féminisme qui est une contradiction. Car si le perfectionniste aime la perfection, le djihadiste, le djihad, l’interventionniste, l’intervention, etc. Le féminisme – en tout cas le féminisme tel que nous le connaissons – n’aime pas la femme. Le « isme » est usurpé.Ou alors il les aime à la manière d’un conjoint pervers narcissique…
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Un accident… qui se vit bien

Un pont. Une source. Un roc. Marion Maréchal est tout cela, et plus encore : quelque chose comme l’incarnation de la petite fille espérance, qui nous laisse dans l’espérance au moment où elle nous l’enlève. Marion Maréchal Le Pen s’en va. Des militants grisonnants témoignent dans la presse de leur désarroi : ils se sentent orphelins. Quand ils pourraient avoir l’âge, pourtant, d’être ses parents. Voire ses grands-parents. Ce n’est pas dans l’ordre des choses, n’est-ce pas ? Mais « la petite », comme ils l’appellent, a bouleversé notre vieux monde politique, qui était pesant comme une chape. Marion, c’est un pont. Un pont familial entre son grand-père – elle posait dans ses bras pour une affiche électorale, avec ses bouclettes blondes et ses grands yeux noirs, dès l’âge de deux ans – et sa tante, quand, entre ces deux-là, tout semblait avoir été dynamité, brûlé, carbonisé. Un pont générationnel entre le FN d’hier et celui d’aujourd’hui, gardien des fondamentaux et du substrat culturel. Un pont politique entre le FN et le reste…
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Pour vous, j’ai suivi dans la presse « l’actualité féminine ». Et en suis sortie… ébaubie.

De la libération des femmes… Un clip musical mettant poétiquement en scène Nathalie Portman, dans la pénombre, alors qu’elle est enceinte de son deuxième enfant et sur le point d’accoucher, a choqué le magazine Grazia. On devine les mouvements du bébé. Grazia défaille. La pudibonderie tant décriée au xixe siècle, loin d’avoir été éradiquée, a migré pour se planquer dans des recoins abstrus. Les photos scabreuses, oui, la maternité heureuse, non. La pornographie, oui, les échographies, non. « Le clip avec Nathalie Portman enceinte jusqu’aux yeux a horrifié (sic) la moitié de la rédac » rapporte madmoiZelle.com, parlant de « dégoût », et de « plan sur la peau distendue de la mère où l’enfant commence à gigoter » qui ne serait « pas fait pour les yeux de toutes ». Pour cette presse féminine, le ventre d’une femme enceinte est donc horrible et dégoûtant. Certaines lectrices, mécontentes ont réagi. La gronde montant sur les réseaux sociaux, la rédaction a reconnu avoir « fait une erreur »… et a remplacé son texte par un autre du même acabit, s’indignant par…
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Le rouge, le noir et madame leblanc...

«Robert Sarah, ce cardinal que La Manif pour tous adore », tel est le titre d’un article paru le 16 octobre dernier dans le Journal du Dimanche. Le journaliste développe : « Né dans une famille coniagui du nord de la Guinée, le cardinal s’est converti au catholicisme à l’adolescence. Formé dans la rigueur des Spiritains, il a ensuite bravé le dictateur Sékou Touré, qui avait chassé tous les prêtres étrangers du pays. En 1979, son courage politique lui a valu d’être nommé évêque de Conakry – alors le plus jeune du monde – par Jean-Paul II. En 2010, Benoît XVI, dont il est très proche, l’a créé cardinal. Depuis vingt-deux ans à Rome, il ne semblait pas prédestiné à rencontrer le public français. “Il est très apprécié des jeunes tendance Versailles”, décode un évêque. Sa popularité a grandi en France en 2012 avec l’émergence de La Manif pour tous, dont le noyau dur a défilé dimanche à Paris sur le thème de la filiation. » Pour résumer, « À 71 ans, le cardinal guinéen est devenu…
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Une fête devenue délicate ...

Connaissez-vous le village de Prignac-et-Marcamps, en Gironde? Son monument aux morts, ses trois églises, sa « fête des gens que l’on aime » et ses institutrices qui veulent se faire aussi « éclairées » qu’à Paris ? La petite affaire a été relayée par Le Huffington Post puis par Le Figaro. Des maîtresses de moyenne section ont collé le mot suivant dans le cahier de leurs petits élèves : « chers parents, au vu de situations familiales délicates de certains enfants, nous avons décidé cette année de fêter la “fête des gens que l’on aime” et non pas les traditionnelles fêtes des mères et pères. Chaque enfant a donc créé avec son enseignant 2 objets qu’il offrira aux personnes de son choix. »Une blogueuse a trouvé l’initiative formidable, et en a posté la photo sur Internet avec ce commentaire : « J’imagine à quel point ce peut être difficile pour les enfants qui n’ont pas la chance d’avoir un papa et une maman, ou bien qui ont tout simplement deux papas et deux mamans ». On nous dit…
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Femmes Occidentales ...

Preuve patente que l’Allemagne n’est pas « tombée des nues » le 1er janvier 2016, et qu’elle avait déjà eu vent de quelques « gestes inappropriés » – pour reprendre une expression chère à Clinton et DSK –, ce guide « L’Allemagne et ses habitants », publié dès le mois d’octobre par la Bayerischer Rundfunk, radio/télévision bavaroise publique. Une initiative inscrite dans un projet plus vaste intitulé « Ankommen » (« arrivée »), mis en œuvre par le gouvernement fédéral allemand dans le cadre de l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015. En quoi consiste ce guide ? En « un ensemble de 14 dessins », explique Le Monde, « mettant en scène des moments de la vie courante, mais aussi des comportements violents barrés d’une croix orange », ou autrement dit en une succession de pictogrammes « ressemblant à s’y méprendre aux planches de consignes de sécurité dans l’avion », montrant ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire avec les Allemandes, en croisant les doigts pour que ce mode d’emploi sommaire, ce code de la route des sexes en Occident (feu…
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De la galanterie au viol

Il en est ainsi de tous les biens que l’on a trouvés dans son berceau : on les croit immuables. Et de ce fait, on se permet de faire la moue, de les critiquer, de les rêver différents. Ce n’est que quand ils sont menacés, que l’on en mesure soudain tout le prix, comme des parents que l’on a traités durement durant l’adolescence, mais que l’on affectionne sans conditions lorsqu’ils deviennent vieux et branlants : surtout ne changez rien ! On vous aime comme ça, avec tous vos défauts ! Les temps étranges que nous sommes en train de vivre ont cet avantage de faire redécouvrir aux Français leurs « acquis ». Juste avant qu’ils ne sombrent ? Jamais Noël n’a été plus touchant que cette année. Les chorales ont cessé de ratiociner sur l’opportunité d’entonner Il est né le divin enfant dans son ancienne ou dans sa nouvelle version, sur les origines controversées du Minuit chrétien et son caractère pompier, trop contentes de pouvoir “encore” chanter, sous la surveillance de deux soldats en faction…
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Je veux adopter un bébé trisomique

Le titre en est Tombée du nid. De l’avis de certains, le livre devrait plutôt s’intituler « Tombée sur la tête » : Faut-il être dingue pour faire le choix de cette mère ! Clotilde Noël, l’auteur, raconte son combat pour l’adoption. Jusque-là, rien d’original, les li­vres fourmillent sur le sujet. Sauf que la jeune femme a déjà 6 enfants biologiques et qu’elle souhaite adopter un bébé trisomique. A travers les psychologues, assistantes sociales, professionnels de santé en tous genres qui l’observent avec une curiosité bienveillante ou méfiante, scrutent avec circonspection ses motivations (ne serait-elle pas  une « serial-mother » pathologique, boulimique de bébés ?), fouillent ses antécédents, c’est toute une société qui est éberluée : Clotilde Noël, avec sa spontanéité, sa ribambelle d’enfants et sa sérénité enthousiaste, est le grain de sable qui vient ébranler tout un édifice idéologique. Alors que la population dite « trisomique » est en passe d’être éradiquée en France (97 % donnent lieu à un avortement) et que ce chiffre va encore progresser avec la généralisation de la détection par prise…
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