« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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Numéro 998 – Format Papier

Euthanasie, la mort
Date de parution
samedi 23 octobre 2021 06:10
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  • Description du produit

Le 8 avril dernier, le député divers gauche Olivier Falorni proposait un projet de loi pour « une fin de vie libre et choisie », projet provisoirement enterré sous l’amas des amendements dont la discussion se trouve aujourd’hui reportée aux calendes grecques parlementaires. Cette sortie manquée signifie bien pourtant l’importance symbolique que revêt le vote d’une loi sur l’euthanasie dans le contexte pourtant chargé de la crise du Covid. La mort est un verrou psychologique qu’il faut faire sauter. En France, explique Roland Hureaux (p. 10-11), la loi Léonetti n’est sans doute pas la meilleure des lois, mais elle permet de régler les drames concrets sans s’attaquer à ce principe civilisationnel fondamental, formulé jadis du haut du Sinaï : « Tu ne tueras pas ». Pour Roland Hureaux, il y a dans toute vie, à travers la mort annoncée, une invitation à l’héroïsme. Et la dignité de l’homme consiste justement à relever le gant, à regarder, à un moment de sa vie, la mort en face. À faire front dans un combat dont on sait qu’il est perdu d’avance.Jeanne Smits nous fait faire un tour du monde des législations euthanasiques (p. 12-13), en démontrant combien l’objet principal des législateurs n’est pas de permettre à leurs concitoyens de mourir dans la dignité, mais plutôt de mourir avec toujours plus de facilité, le Canada étant aujourd’hui le pays qui a mené le plus loin cette facilité à mourir que représente clairement l’euthanasie. Le face à face avec la mort, ce combat perdu d’avance, tout cela n’existe plus. Il suffit d’une piqûre ; quant au consentement, il n’est même plus nécessaire de le formuler actuellement pour être piqué : c’est ce que j’appelle une mort indigne, une mort que l’on n’a plus le droit de vivre.Persuadés que le sujet est le plus profond qui soit, mettant en jeu la vie et la mort, la vie avec la mort, nous avons demandé au philosophe chrétien Robert Redeker (p. 14-16) une méditation sur ce sujet, sous forme d’entretien. Il a eu l’occasion à titre personnel, de méditer ce qu’est la vie avec la mort puisqu’il a fait l’objet naguère d’une fatwa islamiste. Il nous rappelle que l’humanité naît avec la conscience de la mort. La loi qui empêche la conscience de la mort mène à une animalisation de l’homme.

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