« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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Blog

Eric Letty

Editorialiste

Maurras, pas commémoré mais toujours actuel

Maurras l’a échappé belle ! Le vieux royaliste irréductible, que Bernanos menaçait jadis d’avoir des obsèques au Panthéon, a manqué figurer au recueil officiel des commémorations républicaines. Certes, commémorer n’est pas fêter, comme l’ont rappelé Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, membres du Haut Comité des commémorations nationales. Tout de même, cela aurait fait mauvais effet dans sa biographie posthume. Grâces soient donc rendues à SOS-Racisme, à la Licra et aux phalanges de censeurs sorties des officines associatives, de nous avoir épargné ça ! Et loués soient-ils aussi d’avoir attiré l’attention des Français sur l’œuvre trop oubliée de ce penseur politique de premier rang, dont les idées sont trop souvent caricaturées et le nom utilisé avec une connotation forcément péjorative pour discréditer tout politicien de droite, ou étiqueté comme tel, coupable d’avoir franchi une mystérieuse ligne Buisson-Maurras qui paraît être le nouveau Rubicon idéologique de la gauche.Les contempteurs de Maurras lui auront ainsi assuré une nouvelle publicité. Puisse-t-elle inciter une partie, la plus large possible, de nos compatriotes à lire ce pestiféré, à la…
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Gabrielle Cluzel

Journaliste
 

La France de Johnny

Lors d’un entretien récent, Patrick Buisson a réaffirmé son intime conviction : il faut « faire converger la France de la Manif Pour Tous, une droite conservatrice, et la France de Johnny, une France populaire (…), ces deux électorats sont majoritaires en France et c’est une alternance au grand centre qu’Emmanuel Macron préside. » France conservatrice et France périphérique doivent s’allier. Qu’ont-elles de commun ? Une « inquiétude identitaire » commune. Qu’ont-elles d’intrinsèquement dissemblable, en sus de leur origine sociale et de leur implantation géographique ? Le potentiel. La capacité à monter en puissance.La France de Johnny a peu d’enfants. Auxquels elle a peu transmis. Elle a fait bon accueil à l’hédonisme de mai 68, qui a rencontré un désir de supplément de vie facile auquel aspiraient ces Français « modestes ». Elle a aussi abandonné la religion, dans laquelle elle ne voyait plus qu’une suite d’interdits contraignants, ne gardant qu’une religiosité sentimentale, trop inconsistant pour passer les générations. La télévision est devenue l’hôte permanent, allumée dans le salon comme un fond sonore, distillant toute la…
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Eric Letty

Editorialiste

La politique d'en même temps

Macronisme ambiant oblige, je souhaite une bonne année « et en même temps » une bonne santé à tous les lecteurs de Monde&Vie. Je précise toutefois qu’à la différence de la formule présidentielle, désormais aussi emblématique d’Emmanuel Macron que sa politique, ces vœux ne cultivent aucun paradoxe, la bonne année et la bonne santée n’étant pas exclusives l’une de l’autre.À l’inverse, quand le président-communicateur crie vive l’Europe «… et en même temps » vive la France, comme il l’a fait en adressant ses propres vœux aux Français, à la presse ou au corps diplomatique, tout est à craindre soit pour l’Europe, soit pour la France, et sans doute même pour l’une et l’autre.Ainsi Macron déclare-t-il que « nous avons besoin (…) de retrouver une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique parce que c’est bon pour notre peuple »… et en même temps, que « l’année 2018 sera à ses yeux celle de la cohésion de la Nation », avec une majuscule, s’il vous plaît ! Il appelle même les Français à la mobilisation : « Demandez-vous chaque matin ce que…
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Monde & Vie

Secrétariat Monde & Vie

Défi corse pour la République

Tout se corse. Sur l’Île de Beauté, les “nationalistes” ont remporté haut la main les élections territoriales. En trois ans, depuis la conquête de la mairie de Bastia par l’autonomiste Gilles Simeoni, leur coalition a tout raflé, la présidence du conseil exécutif, celle de l’Assemblée de Corse (qu’occupe l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni) et trois sièges de députés sur quatre. Ils peuvent maintenant s’appuyer sur l’argument démocratique pour revendiquer une autonomie « de plein droit et de plein exercice », comme la définit Gilles Simeoni, principal artisan de leur victoire. Mais est-ce compatible avec le dogme jacobin de l’unité et de l’indivisibilité de la République ?Les gardiens du dogme sont rapidement montés au créneau, à l’image du franco-catalan Manuel Valls, qui, encore premier ministre, avait déclaré qu’il n’existait pas de peuple corse, ou de Jean-Pierre Chevènement, auteur dans Le Figaro du 10 décembre dernier d’une analyse intitulée « La République n’a pas de concessions à faire à l’ethnicisme ».J’avoue que le sort de la République m’importe assez peu ; c’est l’avenir de la France, qui m’intéresse. Une autonomie…
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Gabrielle Cluzel

Journaliste
 

« Le féminisme à son origine était une aspiration naturelle »

Gabrielle Cluzel est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, dont Rien de grave (Prix Renaissance 2006) et d’un essai sur les dernières heures du féminisme, Adieu Simone (éd. Le Centurion). Elle s’explique ici, avec la verve qu’on lui connaît, sur le féminisme comme idéologie, même si elle n’oublie pas qu’il s’agit aussi d’une aspiration naturelle ! Gabrielle Cluzel, nos lecteurs vous connaissent bien, à travers votre chronique toutes les trois semaines, vous défendez avec esprit, en toute occasion la cause des femmes et en même temps vous écrivez sur ce que vous avez appelé dans un ouvrage récent « les dernières heures du féminisme ». N’y a-t-il pas une contradiction dans cette double attitude ? Non, je ne crois pas. C’est le féminisme qui est une contradiction. Car si le perfectionniste aime la perfection, le djihadiste, le djihad, l’interventionniste, l’intervention, etc. Le féminisme – en tout cas le féminisme tel que nous le connaissons – n’aime pas la femme. Le « isme » est usurpé.Ou alors il les aime à la manière d’un conjoint pervers narcissique…
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Eric Letty

Editorialiste

En marche vers le technomadisme

« Un  flot de mots creux sur un désert d’idées », a résumé un conseiller municipal. C’est tout l’effet que la prestation d’Emmanuel Macron, le 23 novembre, devant l’Association des maires de France réunie en Congrès a produit. Le président de la République est parvenu, au mieux, à ne pas se faire (trop) conspuer, sans désarmer pour autant la méfiance de ces élus locaux. La véritable question ne se réduit d’ailleurs pas, loin s’en faut, à la manière dont a été reçu et perçu son discours. La politique conduite par le gouvernement à l’égard des collectivités locales concerne à la fois ces dernières et les contribuables locaux.Le chef de l’État a assuré aux maires que la suppression partielle de la taxe d’habitation sera financée par les économies que l’État va réaliser. Mais de quelles économies parle-t-il, alors que le projet de loi de finances pour 2018 prévoit un solde négatif de -82,9 milliards d’euros l’an prochain, contre -76,5 milliards d’euros en 2017, soit une aggravation du déficit de 6,4 milliards ? Si les…
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Abbé de Tanoüarn

Rédacteur en chef

Pour la liberté de l’École - Entretien avec Virginie Subias Konofal 

Quelle est l’origine de la Révolution pédagogique que nous vivons aujourd’hui ?    La grande question c’est : l’Ecole est-elle un lieu de liberté et de libération ou un lieu de recentrement sur une communauté au nom d’une citoyenneté ? Ce dilemme apparaît dans toute sa force avec la Révolution française, à travers l’idée de nation. Au nom de la nation, chaque humain est pris comme membre d’un immense engrenage dont il doit être une pièce calibrée. L’enfant apparaît comme devant vivre au service de la société dans laquelle il reçoit une éducation pour devenir qui agriculteur, qui boulanger ou artificier, selon les besoins collectifs. On trouve déjà cela chez certains penseurs des Lumières, comme Voltaire, par exemple, qui refusait que l’on donne une éducation à ses paysans, parce qu’ils n’ont besoin que de savoir cultiver la terre. Nous avons une lettre de Voltaire à Damilaville, qui est très significative en ce sens : « Il est à propos que le peuple soit guidé et non qu’il soit instruit ; il n’est pas digne de…
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Hubert Champrun

Pages Culture

Une épiphanie de la droite

Nicolas Dupont-Aignan a lancé mardi 25 octobre une plateforme collaborative, « Les Amoureux de la France ». Le ton en est vainqueur, et même conquérant : « Finies les défaites ! Amoureux de la France et fiers de notre civilisation européenne, nous sommes des millions à partager les mêmes valeurs de liberté, de travail, d’autorité, de justice et d’indépendance nationale. […] Oui, nous ferons gagner la France en dépassant les faux clivages et les appareils partisans car nul ne pourra gagner seul. Prenons les choses en main ! Seule la mobilisation du peuple peut obliger les partis à dépasser leurs divisions artificielles ! Oui nous ferons gagner la France avec audace, rêve et innovation car nous savons que notre pays a tous les atouts pour réussir. »Qui sont ces millions de personnes que le président de Debout la France ! n’a pas réussi à réunir autour de lui, lors des dernières élections présidentielles ? Tous les Français “de droite” qui n’en peuvent plus des prétendus partis de droite, des tactiques partisanes, des logiques d’appareil. À en croire Nicolas Dupont-Aignan, mais aussi Emmanuelle…
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