« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

Numéro en cours

Blog

Gabrielle Cluzel

Journaliste
 

« Le féminisme à son origine était une aspiration naturelle »

Gabrielle Cluzel est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, dont Rien de grave (Prix Renaissance 2006) et d’un essai sur les dernières heures du féminisme, Adieu Simone (éd. Le Centurion). Elle s’explique ici, avec la verve qu’on lui connaît, sur le féminisme comme idéologie, même si elle n’oublie pas qu’il s’agit aussi d’une aspiration naturelle ! Gabrielle Cluzel, nos lecteurs vous connaissent bien, à travers votre chronique toutes les trois semaines, vous défendez avec esprit, en toute occasion la cause des femmes et en même temps vous écrivez sur ce que vous avez appelé dans un ouvrage récent « les dernières heures du féminisme ». N’y a-t-il pas une contradiction dans cette double attitude ? Non, je ne crois pas. C’est le féminisme qui est une contradiction. Car si le perfectionniste aime la perfection, le djihadiste, le djihad, l’interventionniste, l’intervention, etc. Le féminisme – en tout cas le féminisme tel que nous le connaissons – n’aime pas la femme. Le « isme » est usurpé.Ou alors il les aime à la manière d’un conjoint pervers narcissique…
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Eric Letty

Editorialiste

En marche vers le technomadisme

« Un  flot de mots creux sur un désert d’idées », a résumé un conseiller municipal. C’est tout l’effet que la prestation d’Emmanuel Macron, le 23 novembre, devant l’Association des maires de France réunie en Congrès a produit. Le président de la République est parvenu, au mieux, à ne pas se faire (trop) conspuer, sans désarmer pour autant la méfiance de ces élus locaux. La véritable question ne se réduit d’ailleurs pas, loin s’en faut, à la manière dont a été reçu et perçu son discours. La politique conduite par le gouvernement à l’égard des collectivités locales concerne à la fois ces dernières et les contribuables locaux.Le chef de l’État a assuré aux maires que la suppression partielle de la taxe d’habitation sera financée par les économies que l’État va réaliser. Mais de quelles économies parle-t-il, alors que le projet de loi de finances pour 2018 prévoit un solde négatif de -82,9 milliards d’euros l’an prochain, contre -76,5 milliards d’euros en 2017, soit une aggravation du déficit de 6,4 milliards ? Si les…
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Abbé de Tanoüarn

Rédacteur en chef

Pour la liberté de l’École - Entretien avec Virginie Subias Konofal 

Quelle est l’origine de la Révolution pédagogique que nous vivons aujourd’hui ?    La grande question c’est : l’Ecole est-elle un lieu de liberté et de libération ou un lieu de recentrement sur une communauté au nom d’une citoyenneté ? Ce dilemme apparaît dans toute sa force avec la Révolution française, à travers l’idée de nation. Au nom de la nation, chaque humain est pris comme membre d’un immense engrenage dont il doit être une pièce calibrée. L’enfant apparaît comme devant vivre au service de la société dans laquelle il reçoit une éducation pour devenir qui agriculteur, qui boulanger ou artificier, selon les besoins collectifs. On trouve déjà cela chez certains penseurs des Lumières, comme Voltaire, par exemple, qui refusait que l’on donne une éducation à ses paysans, parce qu’ils n’ont besoin que de savoir cultiver la terre. Nous avons une lettre de Voltaire à Damilaville, qui est très significative en ce sens : « Il est à propos que le peuple soit guidé et non qu’il soit instruit ; il n’est pas digne de…
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Hubert Champrun

Pages Culture

Une épiphanie de la droite

Nicolas Dupont-Aignan a lancé mardi 25 octobre une plateforme collaborative, « Les Amoureux de la France ». Le ton en est vainqueur, et même conquérant : « Finies les défaites ! Amoureux de la France et fiers de notre civilisation européenne, nous sommes des millions à partager les mêmes valeurs de liberté, de travail, d’autorité, de justice et d’indépendance nationale. […] Oui, nous ferons gagner la France en dépassant les faux clivages et les appareils partisans car nul ne pourra gagner seul. Prenons les choses en main ! Seule la mobilisation du peuple peut obliger les partis à dépasser leurs divisions artificielles ! Oui nous ferons gagner la France avec audace, rêve et innovation car nous savons que notre pays a tous les atouts pour réussir. »Qui sont ces millions de personnes que le président de Debout la France ! n’a pas réussi à réunir autour de lui, lors des dernières élections présidentielles ? Tous les Français “de droite” qui n’en peuvent plus des prétendus partis de droite, des tactiques partisanes, des logiques d’appareil. À en croire Nicolas Dupont-Aignan, mais aussi Emmanuelle…
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Eric Letty

Editorialiste

La croix, signe de contradiction

Faut-il se réjouir ou se désespérer que la Croix demeure un signe de contradiction dans notre société matérialiste ? Si l’on considère « l’affaire » de la croix de Ploërmel sous un angle simplement politique ou sociologique, on est conduit à déplorer une nouvelle agression contre le christianisme, à laquelle le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative de la République laïque, a donné, si j’ose dire, sa bénédiction. Après onze années de conflit, la Fédération morbihannaise de la libre pensée a obtenu, non pas l’enlèvement de la statue du pape Jean-Paul II de la place qui porte son nom, mais l’arasement de la croix qui la surplombe et choque, paraît-il, les pudeurs laïcardes. Soulignons au passage l’effarante erreur commise par les conseillers d’État en dissociant ainsi la statue de la croix, alors que les éléments de l’œuvre ne peuvent être séparés sans l’accord de son auteur, le sculpteur Zurab Tsereteli, qui en garde la propriété intellectuelle. S’il n’y consent pas, il faudra conserver la croix ou retirer aussi la statue – à moins…
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Eric Letty

Editorialiste

L’Europe à la catalane

L’histoire ne repasse pas les plats, mais il arrive qu’elle les réchauffe. La république de Catalogne, qui fait les gros titres de l’actualité, fut proclamée à quatre reprises dans le passé : en 1641, époque à laquelle les Catalans se placèrent sous la protection du roi Louis XIII (la France y gagna le comté de Roussillon et une partie de la Cerdagne par le traité des Pyrénées signé en 1659), puis en 1873, en 1931 et en 1934. Les velléités sécessionnistes de cette région ne datent donc pas d’aujourd’hui, mais elles ont connu un fort développement au cours de la dernière décennie – d’autant plus remarquable qu’un phénomène semblable est apparu ou s’est renforcé dans d’autres régions de l’Europe, par exemple en Écosse.En outre, ces particularismes s’affirment au moment où la bureaucratie européenne tente de se doter d’un gouvernement fédéral auquel les « États membres » seraient subordonnés, et a mis en place une centralisation de plus en plus pesante. Par une réaction plus ou moins consciente, les peuples de l’Europe de l’Ouest,…
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Abbé de Tanoüarn

Rédacteur en chef

Entretien avec Guillaume Bernard

Branle-bas de combat au Front national. Florian Philippot démissionne. La perspective du Congrès, en mars 2018, précipite une recomposition interne mal pensée, qui pourrait ne rien changer à l’intérieur du Parti, au risque que d’autres tirent leurs marrons du feu… Florian Philippot quitte le Front national… Cela va tout changer selon vous ? Je crois surtout à une double manœuvre. Marine Le Pen a été intransigeante avec l’association Les Patriotes pour presser son président vers la sortie du Front national. Objectif : sauver sa tête à elle au Congrès de Mars 2018 en désignant un coupable de l’échec à la Présidentielle. De l’autre côté, en faisant monter la mayonnaise autour du « Couscousgate » de manière particulièrement caricaturale, Florian Philippot montre qu’il cherche à partir avant le Congrès de 2018 où lui et un certain nombre de ses amis risquaient de ne pas recueillir les suffrages des militants, qui souvent estiment qu’on doit lui attribuer, à lui d’abord, l’échec de Marine à la Présidentielle. D’une certaine façon, ils restent objectivement de connivence l’un avec…
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Eric Letty

Editorialiste

La grande misère des partis de droite

Assommées. Quatre mois après l’accession d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, les droites, dans leur ensemble, n’en finissent pas de traverser un désert politique et de régler les comptes des élections perdues. C’est le cas des « Républicains », qui ne se remettent pas d’une défaite jugée impossible ; mais aussi du « Rassemblement Bleu Marine », dont la figure de proue s’est fracassée lors de son débat avec Macron et dont l’accès au second tour, au lieu d’une victoire, a pris le goût amer d’un échec. De part et d’autre, les querelles internes stérilisent les énergies et empêchent l’émergence d’une opposition sérieuse au nouveau gouvernement. On en reste au niveau zéro de la politique, entre « petites phrases » et polémiques « touitées ».Chez les « Républicains », les velléités d’opposition sont en outre découragées par l’existence du courant « constructif » tenté de se rallier au pouvoir, et par les luttes de chefaillons sur fond de vraies divergences idéologiques. Ces divergences ont été récemment illustrées par la sortie de Valérie Pécresse à propos de « la force d’âme » de la…
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