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Eric Letty

Editorialiste

Véran l’incendiaire

Je ne sais pas à quoi joue la poignée d’imbéciles malfaisants qui dirigent notre pays ; mais ce qui est certain, c’est qu’ils jouent avec le feu. Après avoir cultivé pendant des semaines le mauvais virus de la peur, aussi pernicieux qu’un autre, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a placé en alerte « maximale »la Guadeloupe et Marseille, avec des conséquences économiques qui seront catastrophiques pour les économies locales.De nombreux médecins qui combattent le virus sur le terrain, comme Les professeurs Raoult, Perronne, Toubiana ou Toussaint, dénoncent, courbes et chiffres à l’appui, cet affolement réel ou simulé et la politique de la peur pratiquée par le Pouvoir. En réponse, le gouvernement appelle les Français à lui faire confiance ; mais à quel titre, quand les ministres et leurs conseillers portent la responsabilité de la « gestion de la crise » catastrophique du printemps dernier ? Est-il besoin de rappeler leurs mensonges concernant l’état de préparation de la France face à l’épidémie, les masques, les tests, les respirateurs ? Ou la manière dont on a laissé mourir, esseulées et sans soins, des milliers de personnes âgées et démunies dans les Epadh, ce qui restera l’un des plus grands scandales médicaux de notre époque, avec celui du sang contaminé ? Ou le mépris affiché à l’égard des cliniques privées, qui ne furent pas mobilisées alors qu’elles mettaient leurs moyens à la disposition des autorités pour lutter contre la maladie ? Ou encore, la façon dont les technocrates de la médecine ont privé les médecins de ville de la liberté de prescrire les traitements qu’ils jugeaient bons pour leurs patients ? Jolis titres à notre confiance !Or, quels messages le gouvernement envoie-t-il aujourd’hui ? Les Français, infantilisés depuis le début du confinement et qui ont pourtant fait preuve d’une discipline moutonnière, s’entendent reprocher leur irresponsabilité. Le Premier ministre Jean Castex laisse planer la menace d’un « reconfinement », au moins partiel, en brandissant le spectre d’une « deuxième vague » très hypothétique. Et Olivier Véran répond à la grogne des édiles Marseillais en opposant à ces cancres turbulents l’attitude plus conciliante des maires d’autres villes, bons élèves… mais qui ne font pas l’objet des mêmes mesures. De qui se moque-t-il ?Je n’ai pas d’amitié politique pour l’écologiste Michèle Rubirola, maire de Marseille, mais, en l’occurrence, son équipe municipale et les élus locaux de PACA en général ont été traités comme quantité négligeable. Les retombées pour les Marseillais de l’oukase d’Olivier Véran seront pourtant cruelles et les dommages économiques, faillites, ruines et pertes d’emploi, que vont provoquer les mesures brutales du gouvernement, risquent de se traduire par des dégâts humains importants – divorces, maladies suscitées par l’anxiété et les tensions, suicides – qui risquent de provoquer en définitive un nombre de morts supérieur à celui, très faible, des décès dus au virus dans les hôpitaux marseillais. Politiquement, enfin, la crise de jacobinisme aiguë qui semble avoir saisi Castex et Véran risque d’avoir de fragiliser l’unité nationale (dont Emmanuel Macron est théoriquement le garant) au plus mauvais moment. Nos dirigeants veulent-ils diviser pour régner, selon une vieille recette cynique de la politique politicienne ? Se sont-ils avisés que le coronavirus est bien pratique pour détourner l’attention d’autres motifs de colère, comme les effets sociaux de la crise économique, ou la funeste loi de bioéthique qu’ils ont fait voter au coeur de l’été ? Espèrent-ils enfin empêcher les manifestations à venir grâce aux nouvelles mesures d’alerte et de répression ? Il n’est pas sûr, en ce cas, que la meilleure méthode consiste à provoquer les Français. Le 10 octobre, l’organisation de manifestations à travers la France à l’appel de La Manif pour Tous sera l’occasion de leur répondre.

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