Législatives : l’apparente défaite
La décision du président Macron visant à dissoudre l’Assemblée nationale produit un certain nombre de catastrophes politiques en chaîne, dont on ne voit pas très bien, à l’heure qu’il est, où le jeu de culbuto va pouvoir s’arrêter. Motion de censure a priori de la part du RN sur un gouvernement France insoumise. Interdiction de Macron lui-même à un quelconque membre de ladite France Insoumise de participer à un gouvernement. Pas de majorité absolue à quiconque pour pouvoir gouverner. Appel à l’insurrection provenant encore de la France Insoumise (Adrien Quattenens veut marcher vers Matignon), comme de la CGT de Sophie Binet, qui déclare surveiller le législateur. À l’heure où j’écris, l’inquiétude devient palpable, elle touche, d’après un sondage CSA, 77 % des Français et on se demande pourquoi les 23 autres pour cent, eux, ne seraient pas inquiets.
Pour se faire une opinion solide, on a besoin d’idées. Vous en trouverez abondamment sous les plumes prestigieuses de Frédéric Rouvillois, d’Alain de Benoist et de Guillaume Bernard. Vous découvrirez un Guillaume Bernard indulgent pour le président quand Alain de Benoist estime que c’est, parmi les politiques français, l’ennemi numéro 1. Il suffit de se pencher sur les sept dernières années, en faisant l’inventaire de tout ce que la France a perdu, économiquement et culturellement. Comment lui donner tort ?
Et, en même temps, on peut admirer le joueur de go, aux nerfs d’acier, en train de se sortir d’une passe difficile, en décompressant à Washington, à la fête de l’OTAN, pendant qu’à Paris, quand tout le monde s’étripe, il attend la faute. Quant à l’abbé de Tanoüarn, il propose ici-même une analyse théologique de la notion de diabolisation, d’où provient une bonne part du présent problème politique.