Le wokisme ou l’autoconstruction de l’homme
Notre dossier pour ce numéro 1037 est particulièrement riche de contenu. Nous traitons d’une part de ce qu’est le wokisme, ce mouvement récent, d’origine afro-américaine, qui exacerbe toutes les ruptures raciales ou sexuelles, en dénonçant le privilège blanc, privilège qui permet à tous les blancs de se prendre pour des êtres supérieurs dans la vie sociale, sans même s’en rendre compte. Il faut que les blancs payent ce privilège au fur à mesure qu’ils se réveillent, qu’ils sont woke, justement, conscientisés sur le fait que la guerre des races, comme d’ailleurs la guerre des sexes, est imminente ainsi que l’avait prophétisé le philosophe déconstructeurMichel Foucault, dans les années 70.
Pour nous expliquer le wokisme, nous avons demandé leurs lumières à deux philosophes : Danièle Masson, d’une part, qui naguère avait beaucoup travaillé sur les philosophes de l’absurde, en particulier Jean-Paul Sartre et Albert Camus et qui suit attentivement le phénomène woke, qu’elle présente ici aux lecteurs de Monde&Vie, comme un aboutissement de la philosophie contemporaine (p. 10-12). Par ailleurs, Bertrand Vergely (p. 14-15) nous explique comment, si le mouvement woke fait main basse sur la pensée, en revendiquant le pouvoir, c’est pour mieux s’embourgeoiser. L’abbé de Tanoüarn, en avocat du diable (il en fallait un), tente de montrer ce qu’il y a d’antimoderne (et donc peut-être de récupérable) dans cette trajectoire américaine de la post-modernité.
Quant à Jeanne Smits, rédigeant un mini-dossier à elle seule, elle nous offre un décryptage exclusif de cette liturgie woke qu’ont été les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques de Paris.