Dieu et la littérature
C’est dans un silence redoutable de tous les journalistes qu’a été publiée à Rome le 17 juillet dernier une Lettre apostolique du Saint Père sur « le rôle de la littérature dans la formation ». La formation ? Quelle formation ? Le chef de l’Église avait en vue d’abord les séminaristes, le personnel de l’Église. Et puis en y réfléchissant, il s’est avisé qu’une défense de la littérature valait spécialement aujourd’hui où nous sommes dans une société comptable, pour tous les hommes, chrétiens ou non.
Cela nous vaut un texte brillant, un peu brouillon, qui s’achève par cette formule magnifique de Paul Celan : « Celui qui apprend vraiment à voir s’approche de l’invisible ». Nous prenons tous à Monde&Vie cette Lettre apostolique comme une invitation à la lecture des classiques. Par un résumé du document pontifical, Olivier de Boisboissel insiste sur l’universalité de l’appel papal, universalité qui peut être ressentie comme dérangeante, lorsqu’elle se refuse à faire une place particulière à la littérature chrétienne.
L’abbé de Tanoüarn essaie de s’inspirer de la perspective de René Girard, selon lequel cette quête littéraire qui est celle du roman est essentiellement religieuse,
narrant au fond la recherche de rédemption qui est au cœur de chaque homme.
L’universalité du roman est ainsi porteuse de la marque chrétienne.
Enfin Georges Bourcier nous raconte un peu de son expérience de transmetteur
de culture, d’un côté condamnant les écrans responsables d’une mauvaise pédagogie, et de l’autre montrant qu’un véritable objet littéraire n’est jamais simple et qu’à cet égard, la littérature qui nous aide à approfondir la condition humaine, à mieux
la connaître, n’est jamais dangereuse car elle n’est jamais univoque.