Monde & Vie

Numéro 1041

DOSSIER DU MOIS

Ce que le monde doit à l’Église

Ce qui est nouveau dans l’œuvre de ce jeune historien qu’est Christophe Dickès, c’est qu’il ne se contente pas de décrire les grandes stèles de l’héritage chrétien que nous ont laissées les siècles ; il a compris que l’influence chrétienne s’est souvent exercée de manière inconsciente à travers les âges, et qu’il s’agit de la redécouvrir et pas seulement de décrire les monuments bien visibles aujourd’hui si admirables soient-ils ! Le premier exemple qu’il donne est celui de la perception du temps, par les moines qui prient à heures fixes huit fois par jour et qui, sans le savoir organisent ce qui va être notre propre rapport au temps aujourd’hui (p. 10-12). L’entretien que vous pouvez lire ici donne des exemples frappants.

Dans l’introduction de son livre, il précise qu’il a laissé de côté deux dimensions de l’héritage chrétien : l’art et la philosophie ; Richard de Seze s’est ici saisi de l’art chrétien, en exaltant la diversité de ce prodigieux répertoire d’images qu’a représenté le grand récit chrétien, quand il n’a pas cédé à la tentation – hérétique – de l’iconoclasme (p. 13-15). L’abbé de Tanoüarnenvisage la culture chrétienne dans son fondement anthropologique. Il montre comment le christianisme a inventé la vie humaine comme une aventure, qui peut être dramatique, comme la mort du Christ sur la croix est dramatique, mais qui n’est jamais tragique, comme la voyait les Grecs, parce que dans le Christ toute circonstance de la vie, même la plus négative, prend un sens (p. 16-17). Trois manières non-conformistes d’envisager la chrétienté. Le sujet est inépuisable.