Monde & Vie

Numéro 1048

DOSSIER DU MOIS

Sainte Anne, les Bretons & les autres

Mgr Centaine organise dans son diocèse de Vannes un grand Jubilé pour le quatrième centenaire des apparitions et manifestations de sainte Anne à Yves Nicolazic, le paysan d’Auray, paysan qui deviendra célèbre comme étant l’archéologue de sainte Anne et le découvreur sous sa direction, de sa statue (détruite à la Révolution).

Cette histoire touchante nous est contée, cet été, par Anne Bernet (p. 10-13), qui commence en soulignant l’homonymie entre le nom de la grand-mère du Christ, Anne, et celui d’une divinité féminine vénérée par les celtes. Cette homonymie permit aux chrétiens de s’installer très vite sur ces terres où l’on vénérait une Vierge mère. Il faut reconnaître pourtant que les premiers à développer ce culte de sainte Anne sont les Provençaux de la ville d’Apt. C’est de là que proviennent toutes les reliques, y compris celles que l’on trouve en Bretagne. Les Provençaux, en bons Latins, sont administrateurs des reliques. Les Bretons eux se contentent d’aimer leur grand-mère, Mam-Goz, qui le leur rend bien.

C’est cette évidence de la foi des Bretons que décrit le poète Henry Le Bal (p. 16-17) dans un superbe texte sur la quête du Principe et ce que l’on peut appeler le Verbe breton, dont même la vibration des bombardes et du biniou ne peut rendre totalement l’étrangeté.