Monde & Vie

Numéro 1053

DOSSIER DU MOIS

Marie, Porte du Ciel

 

En réfléchissant au rôle de Marie dans le salut du monde, m’est venue cette formule : Marie est comme le féminin de Dieu. Attention cela ne signifie pas qu’elle serait (horresco referens) quelque chose comme Dieu au féminin. Si je parle du féminin de Dieu, c’est que Dieu est au-delà de la différence des sexes et que les deux sexes constituent deux images de la divinité, qui n’est pas mieux représentée par l’un ou par l’autre.

Devant Dieu, l’homme et la femme ont d’abord échoué pareillement, Adam par sa passivité, Ève, au contraire, parce qu’elle n’en a jamais assez, au point d’ailleurs qu’elle succombe dans le Jardin, au grand imagier, au grand illusionniste, Satan soi-même. Le salut nous est restitué, plus tard, par le nouvel Adam, qui est Dieu fait homme et sauveur des humains. Mais ce nouvel Adam ne nous sauve pas tout seul.

Il a besoin pour cela de notre liberté à chacun, cette liberté est en nous, et elle est efficace aussi autour de nous par la communion des saints.

« Dieu qui nous a créés sans nous ne nous sauvera pas sans nous » dit saint Augustin. Le salut est un vaste complot humanitaire d’origine divine, une immense corédemption. Dieu pour nous sauver a besoin, dès le commencement, de la liberté de sa créature. Ce sera d’abord la liberté de Marie. C’est le Fiat de Marie comme le remarque l’abbé de Tanoüarn (p. 13) qui fait d’elle la première chrétienne, avant même la venue du Christ. C’est parce qu’elle ne cesse d’exercer, dans le gouvernement divin, la tâche de ministre de la miséricorde ou de Mère universelle, qu’elle est aujourd’hui encore, à travers ses apparitions dans le monde entier, comme l’explique monseigneur Le Tourneau (pp. 10 à 12), le grand signe de Dieu. Dans l’œuvre du salut, explique John Henry Newman, commenté ici par l’abbé Lotte (p. 14-15), c’est l’initiative de Marie qui permet tout le reste : Tout ? le miracle de notre Rédemption.