Monde & Vie

Numéro 1056

DOSSIER DU MOIS

Aujourd’hui la guerre

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth paradait récemment en affirmant que rien ne pouvait résister aux deux forces aériennes les plus puissantes du monde (Israël et les États-Unis). Cependant, aucun exemple dans l’histoire n’a pu mettre fin à une guerre par bombardement ou même donner un résultat décisif, hormis peut-être Hiroshima… (moins cependant par le retournement de la population que par la compassion de l’empereur pour son peuple). Ces « bombardements stratégiques » n’ont tout au contraire eu pour conséquence que de renforcer la détermination des populations en les soudant contre une menace venue du ciel. Si la population iranienne ne se soulève pas contre ce régime des gardiens de la Révolution, il y a fort à parier que cette nouvelle guerre étasunienne ne s’éternise une nouvelle fois. Du Vietnam à l’Irak, de l’Afghanistan à l’Iran, le même bourbier derrière les mirages de la guerre technologique…

Aujourd’hui, la guerre est à nos portes. Ce qui est terrible d’abord, c’est l’absence de motif de cette guerre, que les médias nous ont appris à qualifier de préventive, sans que l’on sache très bien ce que cache cette phraséologie : « La guerre préventive ça n’existe pas » tranche Aymeric Chauprade, dans son magnifique exposé sur les causes de ce conflit. (p. 10-13).

On nous a longuement répété que l’on faisait la guerre à l’Iran pour empêcher cette dernière d’avoir la bombe et de l’utiliser aussitôt. Cela fait plus de quarante ans que Benjamin Netanyahou répète la même antienne. Ce n’est pas de la prévention, c’est un plan longuement ourdi d’une guerre dont la raison première n’est pas la destruction de la bombe, mais une guerre hégémonique d’Israël sur la région. François Martin, qui connaît bien ce pays, revient sur le xxe siècle iranien, sur la constitution monarchique que le pays se donne dès 1909 et sur le néocolonialisme des Anglo-saxons sur fond de pétrole gratuit.

Enfin l’abbé de Tanoüarn s’essaie à quelques mots sur le mystère d’Israël. Ces trois textes permettent une synthèse de la guerre d’Iran à ses débuts. Ils ne sauraient en rien préjuger de sa fin pour laquelle nous prions.