IA : Léon XIV contre la nouvelle Babel numérique
«La tâche de la science actuelle ne consiste (…) plus à découvrir l’essence secrète et donc cachée du monde ou des choses, mais à découvrir le possible usage qu’ils dissimulent. L’hypothèse métaphysique (elle-même habituellement tenue secrète) des recherches actuelles est donc qu’il n’y a rien qui ne soit exploitable. » Cette phrase tirée du célèbre livre de Günter Anders (L’Obsolescence de l’homme, 1956) vient illustrer, longtemps avant l’IA, le nouveau rapport au monde établi par la modernité : celui des flux et des échanges au profit de la marchandisation universelle. L’homme, rétrogradé au rang de hamster, court dans sa roue jusqu’à l’épuisement, dévoilant une « accélération sociale », loi d’airain du système, moyen et fin d’une exploitation de plus en plus inhumaine de l’homme (Hartmut Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps, La Découverte, 2010).
Ainsi, le questionnement autour de l’IA dépasse celui de l’homme devenu incapable de rien maîtriser. Il l’exacerbe au point de montrer l’impossibilité pour l’homme de penser le monde qu’il s’est fabriqué.
Dès lors, que l’Église s’attelle à la question de l’IA paraît vraiment légitime tant tout ce qui est humain pose une part de notre rapport à Dieu. Richard Dalleau vient donc présenter le texte tant attendu du pape Léon avant que l’abbé Raffray éclaire l’ambition métaphysique de l’Église sur ce sujet. François Hoffman, quant à lui, dresse le portrait de ce pape voyageur qui n’a pas terminé de nous étonner tant, derrière une discrétion apparente, il assume pour l’Église son ambition de demeurer une lumière dans la nuit. ‹›