Monde & Vie

Numéro 1059

▼ DOSSIER DU MOIS

Quelle justice dans un état défaillant ?

Pour ce numéro nous voulons traiter de la Justice dans la perspective de ce qui fait la communauté française. Question large. Question délicate comme le montre l’actualité en ce moment. La Justice est à la fois une vertu (elle est même la plus importante des quatre vertus cardinales), mais elle est en même temps une administration, essentielle au bon fonctionnement de l’État.
Hélas, nous montre Maître Stéphane Maitre, avocat de victimes, les dysfonctionnements sont anciens et ils sont structurels. Que dire pour ces condamnés, qui, immédiatement après leur condamnation, sont reçus par un juge d’application des peines avec possibilité de faire appel et d’aller en Cassation ? Pour ce genre de dispositif, pas de problème de moyens !
Pierre-Marie Sève, délégué général de l’Institut pour la Justice, cite – c’est de circonstance en ces temps d’Happy Birthday états-uniens – le deuxième Président des État-Unis, John Adams (mandat de 1797 à 1801), disant : « Notre constitution ne fonctionne qu’avec un peuple moral ». Un État qui ne sait pas ou qui ne veut pas rendre la Justice est un État qui contredit sa propre dynamique, comme l’explique finalement l’abbé de Tanoüarn.
La Justice n’est pas seulement un ministère sous-doté ou sous-coté, dont les titulaires se plaignent de l’inefficacité. C’est un lieu de travail où les personnes, pour une négligence dans le traitement des dossiers, laissent commettre d’épouvantables crimes pédophiles, par des hommes qui ont déjà un historique mais que l’on omet de poursuivre, insiste Richard Dalleau. Que de viols de mineurs viennent de ces négligences dont la sanction n’est même pas prévue. ‹›