« Lorsque le côté de Jésus fut ouvert, ce sont les portes du Ciel qui nous ont été ouvertes », a écrit saint Augustin. C’est pourquoi la dévotion au Sacré Cœur de Jésus dérange un monde qui refuse de croire au Ciel et rejette le christianisme. Ainsi aussi s’explique la polémique imbécile qui s’est allumée autour du beau film de Sabrina et Steven Gunnell, Sacré Cœur.
Derrière les réactions hostiles, comment ne pas voir les coups de queue rageurs du dragon apocalyptique, qu’inquiètent les signes d’un relèvement de la foi en France, comme le succès des pèlerinages ou la croissance spectaculaire des demandes de baptêmes d’adultes, quand il pensait y avoir vaincu l’Église ? Le diable porte pierre, dit-on. Peut-être le documentaire des Gunnell, qui apparaît comme un évènement cinématographique avec plus de quatre cent mille entrées, n’eût-il pas connu un tel succès si la SNCF et la RATP n’avaient involontairement concouru à sa publicité en en refusant l’affichage dans les gares et les stations de métro, si les organes habituels de l’antichristianisme ne s’étaient pas déchaînés contre lui et si le maire de Marseille n’avait pas vainement tenté d’en interdire la projection dans une salle municipale.
Le péché impardonnable de ce film est d’être catholique ; mais ses détracteurs confondent dans une même détestation le catholicisme et la France, dont les racines profondes restent ancrées dans le christianisme. À ce titre, la polémique qui l’a entouré s’inscrit dans une idéologie ancienne, dont le « wokisme » n’est que le plus récent avatar et qui vise à partout abattre la Croix, comme on l’a vu récemment en Corse. Sous le masque hypocrite d’une fausse laïcité, c’est une guerre de religion qui est livrée à l’Église, paradoxalement puisque le principe de laïcité est fondé sur l’Évangile. La nouvelle religion laïciste, forgée au siècle des Lumières, possède son église – la franc-maçonnerie –, ses temples et ses sacristies. Religion coucou qui pond ses œufs dans le nid de la France chrétienne, elle a une histoire dont les principaux épisodes se sont déroulés pendant la Révolution française, puis sous la République des Ferry et des Combes, et qui se prolonge jusqu’à présent. En janvier 2015, le socialiste Claude Bartolone, alors président de l’Assemblée nationale, croyait pouvoir proclamer sa victoire en déclarant : « Regardez le temps qu’il a fallu pour faire accepter à la religion catholique le fait qu’il y ait une religion suprême pour chacun d’entre nous : c’est la religion de la République ». Emmanuel Macron s’est engagé devant la Grande Loge de France à lui rendre hommage au mois de décembre pour fêter le cent-vingtième anniversaire de la loi de séparation des églises et de l’État.
Ses adeptes nous enjoignent de rendre à César ce qui est à César, mais lorsque nous voulons rendre à Dieu ce qui est à Dieu, ils prétendent nous contraindre à enfouir notre foi au fond des catacombes. Ils ont oublié que du fond des catacombes, la foi a illuminé le monde.
Loin de toute controverse, le film des Gunnell fait du bien. Revenant sur les apparitions de Jésus à sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Monial au xviie siècle, il rappelle l’importance du culte du Sacré Cœur pour la France et le monde, présente de beaux témoignages de foi et donne la parole à des prêtres issus de divers courants de l’Église – aussi bien de la communauté charismatique de l’Emmanuel que de l’Institut du Bon Pasteur, avec l’abbé Raffray. Cette œuvre d’« œcuménisme » au sein de l’Église catholique n’est pas son moindre mérite. Elle répond à l’attente de nombreux fidèles las des divisions et qui souhaitent pouvoir prier Dieu selon la spiritualité qui leur convient le mieux. Si Sacré Cœur aide les responsables de l’Église de France à en prendre conscience, Sabrina et Steven Gunnell auront agi en apôtres du Sacré Cœur et en artisans de paix, vrais disciples de Celui qui a dit « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres ». Monde&Vie souhaite un très joyeux Noël à tous ses lecteurs, dans l’adoration du Sacré Cœur de Jésus, qui a tant aimé les hommes qu’Il s’est fait l’un d’entre eux. ‹›