On serait tenté de hausser les épaules au spectacle ahurissant que donne une classe politique indigne, si la France n’était pas bafouée et les Français durement frappés. À l’origine de cette sinistre comédie antifrançaise se trouve un homme, Emmanuel Macron, champion de l’impopularité, qui s’accroche au pouvoir comme un ténia à un boyau, en se moquant comme d’une guigne du passé, du présent et de l’avenir du pays.
Le passé, il vient une fois de plus de le salir en demandant honteusement l’aman à la dictature algérienne pour le prétendu massacre qu’aurait commis la police française le 17 octobre 1961, à Paris, lors d’une manifestation d’Algériens favorables au FLN. « La France se souvient des morts, des blessés, des victimes. De ces faits inexcusables pour la République », a pleurniché Macron, envoyant l’ambassadeur de France en Algérie faire “repentance” auprès d’un gouvernement qui détient actuellement dans ses geôles deux citoyens français, l’écrivain Boualem Sansal et le journaliste Christophe Gleizes. Ce « massacre » relève d’une légende forgée par la propagande du FLN au moment où se négociaient, à Évian, les calamiteux accords qui allaient livrer l’Algérie à ce mouvement terroriste et ouvrir la voie à des tueries d’une tout autre ampleur, commises contre les pieds-noirs et les harkis. Peu importe à Macron ; en crachant sur la France, il fait le beau, drapé de moraline et de fausse probité. Mais à travers ce fantoche, qui joue les matamores contre Poutine et rampe devant Tebboune, c’est la France qui est humiliée et déconsidérée.
Le présent, c’est la crise de régime dans laquelle s’abîme aujourd’hui la France, illustrée par des chamailleries partisanes et des intrigues de Palais-Bourbon pilotées par l’Élysée. Le président de la République n’a tenu aucun compte, ni tiré aucune leçon du désaveu cinglant des Français, exprimé lors des élections européennes de juin 2024 et des législatives qui ont suivi la dissolution. Au contraire, il se prête depuis plus d’un an à des combines politiciennes qui ont pour effet d’empêcher toute vraie solution politique, non seulement à la situation financière et économique catastrophique de l’État, dont l’endettement menace l’indépendance, mais aussi à la crise morale que traverse la nation, qui doute même de son identité. Sans souci de la France, qu’il n’aime pas, ni des Français, qu’il méprise, il se complaît en joueur immature dans le chaos qu’il crée. Attal, Barnier, Bayrou, Lecornu : les premiers ministres se succèdent avec la même impuissance ; qu’importe, si Macron subsiste ? Ses petits succès manœuvriers flattent sa vanité, lorsque sa créature Lecornu, démissionnaire rappelé, parvient à se maintenir en cédant tout au parti socialiste, mais en déflorant à son tour les piteux députés LR et leur chefaillon insipide et creux, Laurent Wauquiez. Les premiers sont prêts à toutes les compromissions pour conserver leurs sièges et leurs émoluments, le second pour nuire à son rival Bruno Retailleau. Comment ces pauvres types expliqueront-ils à leurs électeurs cette nouvelle, mais spectaculaire trahison ? Au bout des calculs minables qui les ont conduits à avaliser un programme socialiste, ils se condamnent à soutenir Lecornu quoi qu’il fasse et quoi qu’il cède. En tombant il creuserait leur tombe. Pauvres républicains ! Triste République ! Quant à l’avenir, tant qu’Emmanuel Macron se maintiendra, il restera opaque. À la crise de régime, qui détourne nos compatriotes de la politique, s’ajoute celle d’un État-Providence boursouflé et coûteux, qui remplit mal ses fonctions régaliennes tout en prétendant régenter ce qui ne le concerne pas, entrave l’économie française et étouffe les libertés des Français. Dans la déliquescence actuelle du pouvoir politique, c’est pourtant l’État qui maintient une stabilité et gère les affaires courantes. La question semble se poser de la survie de la France en tant que nation. Ce n’est pas la première fois. L’histoire montre que les crises, aussi douloureuses soient-elles, passent et se dépassent, et la nation française a à chaque fois trouvé en elle-même les ressources nécessaires au renouveau.