Du rejet de Dieu au refus de la vie

En présentant ses vœux à la nation pour 2026, exercice annuel de funambule, le chefaillon de l’État en perdition a une nouvelle fois pratiqué l’« en-même-tempisme », en exprimant sa volonté d’aller « au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité », tout en souhaitant aux Français « plus de bienveillance et plus d’humanité ». Une “bienveillance” et une “humanité” qui consistent à tuer le plus faible, le plus vieux, le plus malade…

En inscrivant l’euthanasie au nombre des grands chantiers qu’il souhaite faire aboutir avant l’expiration de son mandat, Macron proclame que « cette année doit donc être et sera une année utile ». « Utile », la mort ? À quoi… ou plutôt, à qui, lorsque l’euthanasie et l’aide (ou l’incitation) au suicide s’inscrivent dans un contexte économique dégradé ? Les vieux coûtent trop cher, en termes de santé et de retraite, à une société que ses responsables politiques n’ont pas préparée à affronter un vieillissement démographique pourtant depuis longtemps prévisible. À l’inverse de ce que l’on voit dans les sociétés traditionnelles, où les liens familiaux sont forts et les personnes âgées respectées comme dépositaires d’une sagesse et de la mémoire collective (un écrivain africain disait qu’un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle), la vieillesse est déconsidérée dans nos sociétés occidentales éclatées, individualistes, qui cachent leur solitude derrière le masque d’une « solidarité », parfois généreuse, mais qui n’est que la caricature socialiste et horizontale de la charité chrétienne amputée de la transcendance. C’est sous cette défroque « humaniste » que l’on nous présente le permis de tuer en blouse blanche, mais la vraie question, implicite, est très matérialiste. 

Au calcul économique s’ajoute un autre objectif, visant à déchristianiser encore un peu plus la France, devenue la fille aînée des Lumières, pour reprendre une expression utilisée, au mois de mai dernier, par Emmanuel Macron dans son discours à la Grande loge de France – que le Président de la République avait remerciée pour son « ambition de faire de l’homme la mesure du monde, le libre acteur de sa vie, de la naissance à la mort ». Faut-il rappeler que Pierre Simon, Grand-maître de la GLF et principal artisan de la légalisation de l’avortement, présida également l’association pour le « droit de mourir dans la dignité » (ADMD) ? Les deux légalisations, celle de l’avortement et celle de l’euthanasie, expriment le même refus de Dieu. La brèche dans l’interdit de l’homicide ouverte voilà un demi-siècle par la loi Veil s’élargit logiquement aujourd’hui : quand on peut tuer l’enfant dans le sein de sa mère, pourquoi épargner le vieillard en fin de vie ? Et si l’on élimine le fœtus atteint d’une malformation jusqu’à la veille de la naissance, n’en viendra-t-on pas à passer ce cap et à « aider » à se suicider le dépressif, l’homme souffrant ou handicapé – avec son assentiment si on l’en convainc en profitant de sa faiblesse, ou même, un jour, sans son accord ? Lors de l’adoption du projet de loi sur l’euthanasie par l’Assemblée nationale, en mai 2025, Jean-Luc Roméro, président d’honneur de l’ADMD, avait parlé d’une « avancée évidente » ; une étape en appelle d’autres… Il existe des forces d’opposition à ce texte mortifère. Je ne pense pas au Sénat, assemblée conservatrice qui a d’ores et déjà entériné, tout en rechignant, cette “avancée importante”. Le propre du conservateur est de conserver même la Révolution. Comme un âne broutant des chardons, il brait en signe de protestation quand on lui tire la queue, fait un pas et se remet à brouter. Les sénateurs ont brait pour la forme, mais accepté le principe et cela ne troublera pas leur digestion. Pourtant, de nombreux médecins et soignants se dressent contre cette loi abominable. Pour les soutenir et faire entendre la voix de tous ceux qui refusent de capituler devant la culture de mort, la Fondation Jérôme Lejeune a mis en ligne une pétition intitulée « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre » (https://stop-euthanasie.fr/). Signons-la nombreux. Bravo aussi à tous ceux qui ont marché pour la vie le 18 janvier. La bataille continue.

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