Monaco, un appel d’Espérance

Le 28 mars 2026, le pape Léon XIV s’est rendu à Monaco. Certains « observateurs » s’en sont étonnés : pourquoi avoir choisi cette petite principauté à l’image de paradis fiscal, casino, paillettes et bling-bling, plutôt que l’agglomération niçoise toute proche, vingt-cinq fois plus peuplée ?

La papauté parait bouder la France. Lors de ses déplacements à Strasbourg, à Marseille et en Corse, le pape François avait précisé que ce n’était pas la fille ingrate de l’Église qu’il visitait : « Je ne vais pas en France, je vais à Marseille. »

Mais les papes ne “boudent” pas les peuples. Ce voyage apostolique de Léon XIV à Monaco s’adressait au premier chef aux Monégasques : à l’opulente principauté, le pape a confié « une mission toute particulière dans l’approfondissement de la Doctrine sociale de l’Église », en insistant sur le partage des richesses ; mais un autre message concerne particulièrement et directement notre pays. Tout au long de sa visite, le Saint-Père a appelé avec insistance à « toujours protéger avec amour chaque vie humaine, à tout moment et dans toutes les conditions », de la conception à la mort naturelle. Cette exhortation résonnait fortement à la veille du dimanche des Rameaux et de l’entrée dans la Semaine sainte, alors que la France s’apprête à légaliser l’euthanasie, pudiquement déguisée en « aide à mourir », comme l’avait été l’avortement en « interruption volontaire de grossesse ». Les lois meurtrières recourent toujours à une manipulation orwellienne du langage. Le texte, voté par l’Assemblée nationale en deuxième lecture le 26 février, devrait être discuté par le Sénat à partir du 11 mai.

Comment Emmanuel Macron a-t-il entendu l’interrogation du pape, lancée depuis le “Rocher” : « Défendons-nous vraiment l’être humain ? Protégeons-nous la dignité de la personne en préservant la vie à toutes ses étapes ? » Comment l’a-t-il reçue, lui qui, sous le couvert d’un discours libéral et mensongèrement humaniste, s’est fait, depuis le début de sa présidence incertaine, le maître d’œuvre et le champion de ce projet de loi homicide, après avoir fait inscrire l’avortement dans la Constitution française comme un prétendu “droit fondamental” ?

C’est à la France macronisée, abîmée dans la culture de mort, que s’adresse le Saint-Père. Et il est significatif qu’il le fasse depuis Monaco, cette « Cité-État qui se distingue par le lien profond qui l’unit à l’Église de Rome et à la foi catholique », a-t-il rappelé. Le catholicisme y est, en effet, religion d’État depuis 1962 (la Constitution monégasque garantissant par ailleurs la liberté de culte). Au mois de novembre dernier, le prince Albert II a refusé d’entériner une loi légalisant l’avortement, en invoquant « la place qu’occupe la religion catholique dans notre pays ». On mesure la différence avec une France gouvernée par les Lumières ténébreuses de l’antichristianisme : celles dont se réclame Emmanuel Macron, comme il l’a professé par deux fois devant les principales obédiences maçonniques, Grand-Orient et Grande Loge de France, en rendant un hommage appuyé aux frères Henri Caillavet et Pierre Simon, qui furent les promoteurs à la fois des légalisations de l’avortement et de l’euthanasie. Les forces mortifères ont, en effet, l’ambition de prendre droit sur la vie de son début à sa fin – avec un pouvoir de l’interrompre qui s’élargira au fil du temps comme la mise à mort, le 26 mars dernier en Espagne, de Noelia Castillo, jeune Espagnole à la destinée tragique, en donne une illustration effrayante et poignante, comme celles aussi des jeunes Belges Shanti de Corte et Siska De Ruysscher, euthanasiées en 2022 et 2025, ou de Vincent Lambert, qui fut tué en juillet 2019 par arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, en France, pendant le premier quinquennat de l’“humaniste” Emmanuel Macron. Face au mal et à la mort, il n’est pas d’autre option que de défendre la vie avec foi, sans supputer les chances de succès, ni se laisser décourager par la lâcheté de partis politiques qui aspirent pourtant à gouverner la France. C’est le message d’espérance que Léon XIV nous a adressé à Monaco.

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