Une fois encore, les résultats de l’enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) que l’OCDE a publié le 8 septembre ont provoqué une bruyante consternation. Car les résultats des élèves français s’effondrent en mathématiques et en lecture, accentuant une tendance constante depuis plus de deux décennies.
Ce plongeon a plusieurs causes, au nombre desquelles figurent l’immigration de masse, facteur
de baisse du niveau général, mais aussi les méthodes d’apprentissage de la lecture, le pédagogisme, l’incohérence des programmes, la lourdeur d’un « mammouth » éducatif qu’en 1997 l’ancien ministre socialiste Claude Allègre voulait déjà « dégraisser »… Comme en bien d’autres domaines, le ver était
donc dans le fruit bien avant l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron ; et comme dans les autres domaines, le macronisme l’a nourri au lieu de le combattre.
Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation dans les gouvernements d’Edouard Philippe et de Jean Castex, avait pourtant souhaité privilégier les « savoirs fondamentaux » : « lire, écrire, compter, et respecter autrui ». Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Blanquer aussi s’est heurté au mammouth et ses intentions sont restées lettre morte. Après lui, sept autres ministres se sont succédé en quatre ans (dont Gabriel Attal et Élisabeth Borne), gérants du naufrage incapables de piloter même un canot de sauvetage. Le dernier en date, Edouard Geffray, homme du sérail aussi piteux que les autres, attribue les résultats de l’enquête Pisa à « un phénomène de destruction cognitive et intellectuelle massif par la consommation des téléphones portables et des réseaux sociaux ».
Les réseaux sociaux ont bon dos, mais la principale responsabilité de l’échec incombe à une administration qui ambitionne davantage d’« éduquer » les enfants – mission qui échoit d’abord aux parents – que de les instruire. (Cette prétention avait déjà conduit en 1932
à transformer le ministère de « l’Instruction publique » en « Éducation nationale ».) Incapable d’apprendre correctement à lire, écrire et compter aux élèves, l’État enseignant considère que son devoir éducatif consiste d’abord à lutter contre les inégalités sociales (en oubliant que le plus sûr moyen d’y parvenir consiste à dispenser à tous les enfants les savoirs fondamentaux), ou encore à développer une « éducation à la sexualité », de la maternelle au lycée, par le biais du programme Evars, dans un but clairement idéologique : selon le ministère, il doit contribuer « à la lutte contre les discriminations (…) opérées entre les personnes sur le fondement “de leur sexe”, “de leur identité de genre” et “de leur orientation sexuelle” (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité) ».
Ce programme s’impose aussi à l’Enseignement catholique sous contrat, dont le secrétaire général, Guillaume Prévost, a été pris pour cible par les anticléricaux (notamment le Comité national d’action laïque, qui regroupe le syndicat Unsa éducation et la fédération de parents d’élèves FCPE), pour avoir déclaré que cet enseignement devait s’inscrire dans « une vision chrétienne ». En effet, comme l’a écrit le pape Jean-Paul II, « l’Évangile est l’âme de l’école catholique, la règle de sa vie et de sa doctrine ». De même,
dans une lettre apostolique publiée en octobre 2025, Léon XIV rappelle que l’école catholique « n’est pas simplement une institution, mais un milieu vivant où la vision chrétienne imprègne chaque discipline et chaque interaction ». Or, depuis Jules Ferry, et auparavant la Révolution française, l’Etat républicain cherche à contrôler l’éducation dans une conception laïciste, y compris en se substituant aux familles, pour contrôler les esprits et les consciences. Cette volonté prime sur l’enseignement des connaissances, au détriment de l’intérêt des enfants et de la nation elle-même.
Au début du siècle dernier, alors que la franc-maçonnerie déchaînait la persécution religieuse contre les catholiques, Maurice Barrès avait dénoncéle vandalisme anticlérical dans un beau livre intitulé La grande pitié des églises de France. Aujourd’hui, ce sont les enfants de France qu’on vandalise.