Les 25 et 26 septembre, le pape Léon XIV viendra en France, où il s’adressera à une fille aînée de l’Église devenue en grande partie apostate – malgré des signes de renouveau – et dont les autorités ont répudié Jésus Christ pour verser dans une simili-religion laïciste porteuse de mort, comme vient de le montrer l’adoption de la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Certaines critiques se font entendre, qui présentent cette visite du Saint-Père comme une caution apportée aux promoteurs de cette culture de mort. Mais le médecin qui se rend auprès d’un malade en grand danger cautionne-t-il l’empoisonneur ? Ou le pompier qui lutte contre les flammes, l’incendiaire ? L’âme de la France est malade et la loi mortifère votée le 15 juillet est une porte ouverte sur l’enfer, dont les monstrueux incendies de cet été ont donné comme une effrayante image. Le vicaire du Christ vient en médecin et en pompier. Le jour de son élection, 8 mai 2025, il avait affirmé avec force à la foule réunie place Saint-Pierre : « le mal ne prévaudra pas ! » C’est le même message d’espérance qu’il délivrera aux Français lors de sa visite, dont la devise « Pour que le monde ait la vie » est tirée du chapitre 6 (verset 51) de l’Évangile selon saint Jean, dans lequel Jésus se désigne comme le Pain Vivant descendu du ciel.
La loi sinistre, voulue d’abord par Emmanuel Macron qui a fait de cet acte létal la mesure phare de sa présidence expirante, trouble jusqu’au gouvernement qui l’a défendue et qui, bel exemple d’« en-même-tempisme » macronien, a saisi le Conseil constitutionnel, comme l’ont fait ses opposants et le président du Sénat, Gérard Larcher. Par ailleurs, les décrets d’application ne sont pas encore promulgués – et leur promulgation pourrait coïncider, peu ou prou, avec la venue de Léon XIV. Dans ce contexte, les déplacements programmés du Saint-Père, tant à Paris, où il visitera la maison médicale Jeanne Garnier, spécialisée dans les soins palliatifs, qu’à Lourdes, prennent une signification particulièrement forte et laissent présager que l’euthanasie et l’aide au suicide feront partie des sujets brûlants qu’il abordera avec Emmanuel Macron. Rappelons que l’on doit à ce dernier, non seulement cette loi mortifère, mais aussi la constitutionnalisation de l’avortement, l’allongement du délai autorisant l’assassinat légal des enfants à naître et, auparavant, la loi dite « bioéthique », qui permet les expériences sur les embryons humains et la création de chimères interespèces à partir de cellules souches humaines insérées à des embryons animaux…
Léon XIV parviendra-t-il à faire entendre raison à ce président, sans doute le plus morbide qui ait dirigé la France ? Même si ce n’est pas le cas, sa venue encouragera à résister les catholiques français et, au-delà de ceux-ci, tous les hommes de bonne volonté qui s’opposent à la culture de mort.
En outre, comment ignorer que ce pape attentif à l’unité de l’Église vient en France après les sacres de quatre évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X ? Léon XIV a envoyé un signe fort, le 25 juillet, en nommant au Tribunal suprême de la Signature apostolique – plus haute autorité judiciaire du Saint-Siège –, l’archevêque de San Francisco, Mgr Salvatore Cordileone, connu à la fois pour ses positions en faveur de la défense de la vie et de la famille, mais aussi de la liturgie traditionnelle. Des critiques reprochent au pape une prise de position politique ; mais si la recherche de l’apaisement et de l’unité est une politique, sachons lui gré de la mettre en œuvre ! Cette nomination, intervenant après plusieurs déclarations du cardinal Cordileone appelant à accueillir plus largement au sein de l’Église les fidèles attachés au rite tridentin – au nombre desquels se comptent de nombreux jeunes, dont beaucoup fréquentent les deux rites liturgiques – laisse espérer une rupture avec la logique d’exclusion du motu proprio Traditionis Custodes et un retour à l’œuvre de réconciliation entre les catholiques de différentes sensibilités entreprise par Benoît XVI avec Summorum Pontificum. À cet égard aussi, la venue du pape est très bienvenue !‹›