Le microcosme contre le monde entier

Les jeux olympiques se sont soldés pour les sportifs français par une moisson de médailles et les Parisiens qui n’avaient pas déserté la capitale en ce mois d’août l’ont connue plus accueillante et souriante que d’habitude. Nous nous réjouirions donc de ce bilan positif, si d’entrée de jeu, la fête n’avait pas été gâchée par la faute du microcosme parisianiste, étriqué et sectaire, qui fait la pluie et le mauvais temps parmi les prétendues élites culturelles et politiques de notre pays.

Ce petit milieu gagné au wokisme et à l’inversion sexuelle se prend pour le centre du monde, qu’il situe en d’autres cavités que son nombril. Ainsi, le spectacle présenté lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux, d’une indigente médiocrité, exprimait surtout ses fantasmes sexuels. Sans doute ses promoteurs ont-ils recherché le scandale, notamment avec la reconstitution ridicule de la Cène où des transsexuels représentaient Jésus et ses apôtres. Mais pour choquer, il faut surprendre ; or, les provocations du petit milieu dont le nigaud Thomas Jolly, metteur en Seine – si l’on peut dire – de cette mascarade est un spécimen ordinaire, n’ont plus rien d’inattendu, du moins pour le public français. L’intention est pernicieuse, qui soufflette les chrétiens dans leur foi et leur cœur ; mais la transgression s’épuise dans la redondance et le blasphème rabâché tourne en rond dans le vice comme un poisson rouge dans son bocal. Pour tenter de justifier cette singerie, les voix autorisées ont excipé du « droit au blasphème » ; mais ce droit cède à l’interdit dès qu’un imprudent s’avise de blasphémer la religion laïque du petit milieu et ses dogmes sexuels. La loi se met alors au service du lobby pour sévir. 

Dix jours avant la cérémonie d’ouverture, ses organisateurs en avaient indiqué l’esprit, qui devait être « le contraire d’une histoire virile, héroïsée et providentielle », « l’inverse » du Puy du Fou, et déjouer « les stéréotypes nationaux » sans « craindre de prôner le “métissage planétaire” ».

Incontestablement, le pari est gagné. Leur « show » était complètement dénué de l’imagination, de l’inventivité et de la créativité qui font la richesse des spectacles puyfollaiset les « stéréotypes nationaux » se sont réduits à une évocation odieuse et involontairement réaliste de la Révolution française, insultant la mémoire de la reine Marie-Antoinette suppliciée. Hélas ! On fait beaucoup plus rapidement le tour de la nullité que du génie, de la bassesse que de la grandeur et de la laideur que de la Beauté.

La caste culturelle a coutume de tourner en dérision les benêts cathos et franchouillards contre lesquels Anne Hidalgo fulminait au début du mois d’août dans Le Monde : « Fuck aux réacs, Fuck à cette extrême droite, Fuck à tous ceux qui voudraient nous enfermer dans la guerre de tous contre tous ». (Quand on est maire de Paris, il est sans doute plus commode pour débiter des obscénités de recourir au globish américain que de s’exprimer en français. Il y a en outre quelque ironie à mettre au compte des « réacs » et de « l’extrême-droite » une « guerre » que la gauche culturelle a elle-même déclarée.) Mais la caste a oublié qu’elle ne s’adressait pas seulement, cette fois, aux Français. La retransmission planétaire de l’affligeant spectacle a permis au monde entier de mesurer en quel état de décadence est tombée la culture française corrompue – même si le microcosme culturel, si prompt à dénigrer la France, a comme toujours utilisé la splendeur du patrimoine hérité des siècles de civilisation pour déguiser sa vacuité sous ce somptueux cache-misère. Et le petit milieu a dû constater que loin d’admirer son nombril, le monde entier se détournait de lui avec dégoût, les protestations s’élevant d’Amérique, de Russie, 

de Chine, de Turquie, d’Arabie, d’Afrique… « Fuck » la planète ? Le monde entier vient ainsi de montrer qu’il attend que les Français se réapproprient leur héritage et continuent à enrichir ce patrimoine, à la fois pour eux et pour l’humanité.

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