Le Rosaire, arme de paix

Le 15 août dernier, en la fête de l’Assomption, à Akita, au Japon, une religieuse catholique japonaise est décédée à l’âge de 93 ans, sans que cet évènement ait fait beaucoup de bruit. Sœur Agnès Sasagawa Katsuko n’avait pourtant pas eu une destinée ordinaire. Au sein du couvent des Servantes de l’Eucharistie, près de la ville d’Akita, elle avait reçu par trois fois, en 1973, des messages de la Sainte Vierge insistant sur la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie et la coopération de Marie avec son Fils pour le salut du monde.

Dans son dernier message, le 13 octobre 1973 (date anniversaire de la « danse du soleil » à Fatima), la Mère de Dieu appela à prier le rosaire et faire pénitence afin d’éviter qu’« un châtiment plus grave que le déluge » ne frappe l’humanité : « Un feu tombera du ciel et fera disparaître une grande partie de l’humanité (…). Les survivants se trouveront dans une telle désolation qu’ils envieront les morts. Les seules armes qui vous resteront seront le rosaire et le signe laissé par mon Fils. » Ces révélations, ainsi que les lacrimations qui se produisirent jusqu’en septembre 1981 sur le visage de bois d’une statue de la chapelle du couvent, furent reconnues d’origine surnaturelle en 1984 par l’évêque du diocèse de Niigata, Mgr Itô. Le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, confirma quatre ans plus tard qu’elles étaient fiables et dignes de foi. « L’avertissement donné à Akita est une répétition du message de Fatima », déclara Mgr Itô.

Dans le Livre de la Genèse, Dieu promet à Noé qu’« il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre » ; mais les hommes du xxie siècle sont très capables de s’infliger eux-mêmes pareil châtiment. Voilà quelques années, l’abbé de Tanoüarn avait publié dans nos colonnes une analyse de la « géopolitique » de la Sainte Vierge, appuyée sur la localisation de ses apparitions dans l’espace et le temps. Il n’est pas indifférent que la Vierge ait choisi de confier son message à une ressortissante du seul pays à avoir été frappé par la bombe atomique, à Hiroshima et Nagasaki.

Il est risqué de jouer avec le feu nucléaire. Les papes, de Pie XII à François, n’ont jamais cessé de mettre en garde contre le danger mortel que représenterait pour l’humanité tout entière un conflit de ce type. Après l’implosion de l’Union soviétique, les optimistes avaient pu croire ce péril écarté. Les conflits actuels, en particulier la guerre en Ukraine qui divise à nouveau l’Europe, laissent redouter le contraire. Au moment où l’on peut espérer que des négociations vont enfin s’ouvrir, possiblement favorisées par l’arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison Blanche, on assiste à une inquiétante escalade, Ukrainiens et Russes utilisant des missiles de plus en plus puissants (les premiers avec l’aval d’un Biden sur le départ) pour bombarder leurs territoires réciproques. Certes, ce n’est pas la première fois que la situation s’envenime entre les grandes puissances. Pendant la Guerre froide, la crise des fusées de Cuba, notamment, avait conduit le monde au bord de la catastrophe ; mais le souvenir des destructions d’Hiroshima et Nagasaki était assez frais dans les mémoires pour que la logique de la dissuasion nucléaire fonctionne. Il est à craindre que ce souvenir ne s’estompe dans l’esprit des dirigeants des puissances, alors que les armes sont de plus en plus destructrices. 

Quant à Macron, après avoir achevé de démanteler la diplomatie française, il se déguise en stratège de comédie, vibrion qui prend par l’épaule Trump et Zelenski et se grime en deus ex machina au moment même où par sa faute la place de la France dans le monde se réduit comme peau de chagrin, comme vient encore de le montrer son éviction du Tchad, après le Mali et avant le Sénégal… Puisse la grâce de Noël le convaincre au moins de cesser de jouer les va-t-en-guerre ! Et puisse-t-elle susciter des artisans de paix. À cet effet, Notre-Dame d’Akita nous a donné une bombe spirituelle plus puissante que la plus formidable des armes nucléaires : le Rosaire. Joyeux Noël et bonne année à tous nos lecteurs.

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