Deuxième jour de Carême

L’invitation à faire pénitence ne concerne pas simplement, comme on en a l’impression aujourd’hui, les
premiers de la classe et les meilleurs éléments. L’invitation à la Pénitence concerne tout le monde et plus
on s’est vautré dans le péché, plus il faut avoir la simplicité de demander que l’on inscrive cette petite
croix de cendre sur notre front. Nous ne sommes pas dignes de Dieu.


L’idée qu’il y aurait, dans l’humanité, une dignité infinie, qui rend l’homme divin, ne permet pas de
comprendre la puissance du mal sur notre terre. Le document De dignitate infinita que vient de produire
le pape François, est à l’opposé de ce que nous demande notre carême : non pas nous gargariser d’une
dignité putativement infinie, mais reconnaître notre indignité, réaliser que nous sommes poussière.
J’utilise ici la première personne du pluriel, « nous sommes poussière » comme pour amortir cette vérité
fondamentale. Voilà ce que pense le centurion, qui, lui, ne cherche pas à amortir : « Moi je suis un homme
constitué en autorité et je dis à l’un va et il va, à un autre fais ceci et il le fait ».


Ton autorité est analogue mais infiniment plus grande que la mienne, assène-t-il. Il a foi dans les pouvoirs
surnaturels de ce personnage rencontré par hasard en Judée. Cette foi lui fait sentir son indignité. :
« Seigneur, je ne suis pas digne de vous recevoir sous mon toit », s’écrie-t-il en s’adressant à Jésus. Il se
juge indigne devant lui parce que ce qu’il reconnaît en Jésus ce n’est pas le thaumaturge doué d’un savoir
ou de recettes médicales exceptionnelles, c’est la puissance de sa Parole, qui est divine, s’exerçant, pour
guérir , au-delà du temps et de l’espace. « Dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri » .

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