« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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L'ÉDITO

Eric Letty

Editorialiste

Macron va récolter ce qu’il a semé

Nous sommes en retard. Mais c’est que Monde&Vie est en deuil. Le 12 avril, Mardi saint, Dieu a soudainement rappelé à Lui notre directeur, Jean-Marie Molitor, catholique, royaliste et patriote engagé. Ce numéro lui rend hommage. Notre rédaction partage la peine de son épouse Dominique et de sa famille.

Le 24 avril, jour de la fête de la Divine Miséricorde instituée par Jean-Paul II, Emmanuel Macron a, hélas, été réélu Président de la République. 20 % seulement des Français inscrits sur les listes électorales l’ont choisi au premier tour et parmi les 38,5 % qui ont voté pour lui au deuxième, beaucoup ne s’y sont résigné que par opposition à Marine Le Pen, rediabolisée par les incantateurs médiatiques dès l’élimination d’Éric Zemmour. Macron est donc le Président d’un Français sur cinq. C’est ce simulacre électoral qu’on appelle, en France, la démocratie.

Mais, justement parce que le jeu est truqué, il vaut peut-être mieux, après tout, que Macron reste au pouvoir. Malgré sa morgue et sa suffisance, il n’est qu’un pion entre les mains de ceux qui l’ont installé à l’Élysée à la faveur du complot monté en 2017 contre l’inconsistant François Fillon. Dans « Le Traître et le Néant », les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet racontent comment, dès janvier 2012, quatre mois avant l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, les grands patrons de gauche lui avaient fait savoir qu’ils souhaitaient le voir appeler Macron auprès de lui. Ainsi placé sur orbite, ce dernier a commencé à trahir l’intérêt national, par exemple en favorisant la vente d’Alstom Energie à l’Américain General Electric. Après avoir succédé à Hollande, il a continué à vendre la France notamment en creusant la dette publique de 600 milliards en cinq ans (de 2 218,4 milliards d’euros en 2017 à 2 813,1 milliards en 2021).

La dette faramineuse creusée par les prédécesseurs de Macron et considérablement aggravée par ce dernier, place en effet notre pays entre les mains des banquiers et financiers internationaux, qui en possèdent l’essentiel. Ce n’est pas la moindre trahison de la classe dirigeante. Si le taux d’intérêt remonte, la situation du pays deviendra ingérable : l’augmentation de la charge de la dette contraindra le gouvernement, soit à augmenter encore les prélèvements obligatoires, qui sont déjà les plus élevés de tous les pays développés ; soit à refuser de rembourser la dette – mais alors, la France ne pourra plus continuer à emprunter, comme elle le fait depuis un demi-siècle pour payer les pensions des retraités, les traitements de ses fonctionnaires, etc. C’est le scénario auquel nous aurions assisté si un candidat souverainiste avait été élu à la présidence de la République et l’on imagine les mouvements sociaux qui s’en seraient suivis, attisés par les syndicats de gauche et des médias soufflant sur le feu. La dette donne ainsi à nos créanciers les moyens d’exercer un chantage fort peu démocratique sur les élections. Elle menace l’indépendance de la patrie, qui est, disait Charles Maurras, la première de toutes les libertés.

Mais la même épée de Damoclès est suspendue sur la tête de Macron. Le taux d’intérêt, qui avait jusqu’à présent été maintenu artificiellement bas grâce à l’intervention de la BCE, a déjà commencé à remonter en février. Si le retour de l’inflation et l’envolée des prix entraînent des troubles sociaux suffisamment violents pour inquiéter les financiers, ce mouvement se précipitera. Pour rassurer ces derniers, Emmanuel Macron sera alors conduit à réprimer la contestation plus durement encore qu’il ne l’avait fait lors du mouvement des Gilets jaunes. À tout prendre, mieux vaut qu’il assume ces conséquences prévisibles de sa politique et récolte lui-même ce qu’il a semé.

En revanche, il est indispensable qu’il rencontre une opposition patriotique résolue à l’Assemblée nationale, ce qui ne sera possible que si ses différents représentants parviennent à s’entendre. Eric Zemmour et Marine Le Pen doivent mettre leur ego de côté et oublier pour un temps leurs dissensions, dans l’intérêt de la France et des Français. Ce n’est malheureusement pas gagné… À l’approche des élections législatives, la fable de La Fontaine, Le chat, la belette et le petit lapin, que j’évoquais dans le numéro de Monde&Vie du mois de mars, reste plus que jamais d’actualité.

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