« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

Numéro en cours

Abbé de Tanoüarn

Abbé de Tanoüarn

Rédacteur en chef

Pourquoi et pour qui il faut voter ?

Aujourd’hui le vote de conviction est le premier vote utile. C’est dans cette perspective que nous disons : il faut voter à la Primaire de droite. La Primaire de droite est une première. Elle donne occasion à de nombreux candidats de se manifester tels qu’en eux-mêmes, avant que les sacro-saints parrainages politiques ne soient comptabilisés et les candidats qui ne font pas le poids, impitoyablement rejetés dans les ténèbres extérieures. Ainsi Jacques Myard – député de Maisons Laffitte se déclare-t-il fort heureux de sa campagne inutile, mais qui aura contribué à droitiser toujours plus le débat politique actuel. Car c’est de cela d’abord qu’il s’agit : il faut une parole libre. On en a assez des candidats du système, ces candidats dont Jacques Chirac, en 2002, fut l’archétype, élu à 82 % des suffrages sur un programme vide. Pour son discours d’intronisation, le grand Jacques évoqua (ce n’est pas une blague) la lutte contre le cancer et le code de la route. Temps perdu ! À l’époque, les idées ne pouvaient plus circuler,…
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Sacrilèges silencieux

Les djihadistes s’intéressent de plus en plus aux chrétiens, et pas seulement aux chrétiens d’Orient. C’est ce qui appert du dernier numéro de leur revue officielle mondiale Dabiq, intitulée « briser les Croix ». C’est dans cette perspective qu’a été odieusement théâtralisé l’égorgement du père Jacques Hamel. Sans chercher à atteindre à ces prodiges du sacrilège, il est vrai qu’un peu partout en Europe occidentale, on ferme les églises et on les transforme en des salles polyvalentes laïques. Alors que le désir de Dieu devient une expérience rare, les convoitises sont d’ordre plus matériel. Curieusement, pour ce qui est de notre France, la loi laïque de 1905 est une loi protectrice pour les bâtiments qui peuvent s’en réclamer, c’est-à-dire pour les édifices construits avant cette date fatidique. Mais sans la loi… les églises deviennent des proies, comme le montre l’affaire Sainte-Rita, qui a troublé la torpeur de notre été.On peut presque se demander si le sacrilège théâtralisé dans l’église Saint-Étienne du Rouvray, si la mort odieuse du Père Hamel n’est pas là…
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Une guerre asymétrique

« Comment un Niçois a-t-il pu s’en prendre à d’autres Niçois ? » Cette réflexion d’un journaliste, attrapée au vol sur France info le lendemain du sinistre 14 juillet, indique bien le degré d’inconscience dans lequel se trouve, en même temps qu’une partie de la population, la caste médiatique que l’on appelle un peu vite le quatrième pouvoir. La plupart des hommes politiques, autointoxiqués par leur propre discours mou, pensent sans doute aussi, non sans orgueil, que l’assimilation se fera toute seule : ces étrangers (Mohamed Lahouaiej-Bouhlel est Tunisien en l’occurrence) ont une chance folle de vivre en France, ils vont spontanément s’intégrer et ne rêvent en tout cas que de cela. La réalité est chaque fois bien différente… Mais nos hommes politiques continuent d’appliquer les recettes à la petite semaine qui ont eu tant d’insuccès depuis 2015. Un attentat à Nice ? Quelques frappes supplémentaires en Syrie (frappes qui, sur l’ordre des Américains, épargnent la plupart des groupes islamistes qui ne sont pas Daesh parce que les États-Unis veulent présenter des islamistes comme des…
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Multiculturalisme

Les mots ont beaucoup plus d’importance que l’on ne croit. Ce ne sont pas de simples signaux, juste destinés à nous faire réagir correctement. On le sent trop souvent, pourtant, dans la classe politico-médiatique où les mots ne valent la plupart du temps, que pour leur charge émotionnelle : communion ou indignation. Il est nécessaire d’aller au-delà de ces élans trop sensibles. Le mot multiculturalisme qui désigne couramment le projet de société que l’on nous prépare, est particulièrement important, c’est un mot à démythifier. Le pape François en fait le symbole de son programme politique pour l’Europe. C’est au nom de son engagement multiculturaliste qu’il vient de recevoir le prix Charlemagne décerné par la ville d’Aix la Chapelle, ancienne Capitale de l’Empereur. Le multiculturalisme aujourd’hui, c’est bien. On pourrait même dire : c’est le Bien, avec une majuscule. En son nom on reçoit les migrants. En son nom, on projette d’enseigner l’arabe en classe de Cours Préparatoire (merci Najat). Le multiculturalisme a de l’avenir, c’est le nom de notre avenir.Mais que signifie…
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En route... avec Patrick Tudoret

Le roman de Patrick Tudoret, L’homme qui fuyait le Nobel, publié cet automne chez Grasset, a été la belle nouvelle de cette rentrée littéraire. Nous revenons ici avec l’auteur, sur le sens de cette tentative : en plein XXe siècle, nous proposer un « roman de conversion », cela rappelle certes les grands ancêtres, Huysmans et Psichari, mais cela dénote aussi une ambition pour aujourd’hui et une allégresse d’écrire peu communes. J’ai rencontré Patrick Tudoret là où il aime écrire, dans le bruit d’un bistrot parisien. C’est dans cette atmosphère qu’ont résonné ses paroles, appelant à l’aventure spirituelle à la suite de son héros Tristan Talberg, découvrant la vraie vie du côté de Compostelle. Monde&Vie : Patrick Tudoret, vous situez votre dernier livre L’homme qui fuyait le Nobel dans le cadre du pèlerinage de Compostelle… Après Alix de Saint André, après Jean-Christophe Rufin, cela va devenir une mode chez les écrivains français de parler de Compostelle ? Patrick Tudoret : Ces auteurs racontent leur pèlerinage, ils en font le récit, non un roman. Je vous…
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Dialogue avec Paul-Marie Coûteaux

Monde&Vie a commencé avec Marion Le Pen une grande enquête sur le retour du patriotisme. Cette fois nous avons demandé son avis à Paul-Marie Coûteaux, fondateur du SIEL et importateur en France du terme « souverainisme », comme il l’explique ici. Inutile de dire que la pédagogie qu’il nous propose est plus précise que celle que tente de nous imposer l’Éducation nationale… Il faut méditer sa leçon d’identité. Avez-vous été surpris de voir fleurir les drapeaux français, au départ sans aucune consigne des politiques, après l’attentat du 13 novembre ? Est-ce la contre révolution spontanée dont parlait Maurras ? Comment caractériseriez-vous ce retour du patriotisme ? Surpris, oui et non ! Oui, parce que cette réaction contrastait avec ce qu’avait montré en janvier la « Charlimania », cette effervescence il est vrai pré-fabriquée par les médias, qui ont aussitôt orienté l’émotion populaire vers une sorte d’ « esprit Charlie » qui est, au coeur de la boboïtude, la weltanshauung de la partie dominante de la bourgeoisie. Cette fois, Charlie ne faisait plus écran. Il y avait la réalité brute : des…
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Les expériences de mort imminente

Patrick Theillier a été pendant douze ans le directeur du Bureau des constatations médicales de Lourdes, chargé d’instruire du point de vue scientifique les dossiers de guérisons dites miraculeuses. Un poste de choix d’où il a pu apercevoir le surnaturel à l’œuvre. Depuis sa retraite en 2010, il prépare ce nouveau livre, non plus sur les miracles, mais sur les expériences de mort imminente. Il raconte les témoignages de ces gens qui connaissent un état de mort clinique avant de revenir à la vie, et qui, dans l’intervalle, ont conscience d’une vie après la vie. En anglais on parle de Near Death experience (NDE). Patrick Theillier n’hésite pas à considérer ces faits comme autant de « signes du ciel qui nous ouvrent à la vie invisible ». Il a accepté d’en parler aux lecteurs de Monde&Vie. Patrick Theillier, vous êtes médecin, mais vous n’êtes pas le seul loin de là. Qu’est-ce qui a fait que vous avez été choisi pour diriger le Bureau des constatations à Lourdes ? Je dirais d’abord que j’étais…
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Le retour du patriotisme

Après 2015, année climatérique, 2016 devra marquer le grand retour du patriotisme. Marion Maréchal-Le Pen répond avec la vigueur qu’on lui connaît aux questions de Monde&Vie. Elle démythifie les éternels porteurs de promesses et nous assène tranquillement sa vérité. Ce qui frappe, c’est le réalisme avec lequel elle formule son rêve pour la France, loin de toute facilité ou de toute faconde idéologique. Monde&Vie : Après les attentats du 7 et du 9 janvier, on a cultivé l’esprit Charlie. Aujourd’hui, en Une du dernier numéro de Charlie pour le premier anniversaire de l’attentat des frères Kouachi, Riss, actuel directeur du journal, publie un dessin sous-titré l’assassin court toujours, où l’on voit un dieu barbu en « soutane », kalach en bandoulière. Qu’est-ce que Marion Maréchal-Le Pen peut dire de cette Une dans les circonstances où nous sommes ? Marion Maréchal-Le Pen : Je dirais avant tout que ces journalistes continuent leur déni de réalité en pointant du doigt la religion en tant que telle plutôt que l’islamisme et son pendant terroriste, pourtant seul responsable du…
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