« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

Numéro en cours

Eric Letty

Eric Letty

Editorialiste

Le prix de la liberté n’est pas celui du canon

Entendre Emmanuel Macron se poser en champion de la liberté me fait à peu près le même effet qu’un boucher qui prônerait le véganisme. Les “pass” sanitaires m’ont vacciné contre ce genre de propos, émanant du Président de la République. Le discours qu’il a prononcé, le 19 août, à Bormes-les-Mimosas, appelant « notre peuple » (il existe donc ?!) à faire montre de « force d’âme » pour « accepter de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs » en conséquence du conflit ukrainien, m’a donc laissé dubitatif. Quel est ce prix qu’il nous faudrait payer ? Le gesticulateur de l’Élysée envisage-t-il un conflit avec la Russie, ou veut-il préparer les Français à « la fin de l’abondance » découlant (partiellement) de la rupture avec ce pays ? Le contexte du discours de Bormes-les-Mimosas, tout entier consacré au souvenir du débarquement en Provence et des combats de Libération, permet d’autant moins d’écarter la première proposition que Macron affirme que « la guerre est à nos portes »et…
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Vive la France, par Marie

2022, année électorale. Après une élection présidentielle sans ressort, qui a maintenu à l’Élysée le petit maître d’esbrouffe qui vend la France depuis cinq ans, le jeu de dupes démocratique, auquel de moins en moins de Français s’intéressent, s’est achevé par des législatives qui ont surtout montré à quel point notre pays est divisé, morcelé, fracturé. Les flonflons et feux d’artifices du 14 juillet, prétendue fête de l’unité nationale bâtie sur la racine révolutionnaire de nos guerres intestines, se sont éteints sur l’écho des éclatements de mortier dans les banlieues de nos métropoles. Passé cet intermède, nous voilà reconduits à la médiocrité ordinaire d’une vie politique putréfiée. 2022, anniversaire royal ! Et de quelle royauté ! La plus haute, la plus sublime qui soit, après celle de Jésus-Christ Lui-même, à laquelle elle est associée parla Croix. Voilà juste cent ans, dans sa lettre apostolique Galliam Ecclesiae filiam primogenitam, le pape Pie XI écrivait : « Il est certain, selon un ancien adage, que “le royaume de France” a été appelé…
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Victoires et gueule de bois

La deuxième partie de la tragi-comédie républicaine s’est terminée le 19 juin, d’une manière bien différente de ce que les sondages avaient laissé prévoir. J’avoue avoir été surpris aussi, notamment par le nombre élevé des sièges obtenus par le Rassemblement national. C’est une victoire de Marine Le Pen, qui dispose d’un groupe puissant à l’Assemblée. Une alliance entre les différents partis patriotes leur aurait peut-être permis de disposer d’encore plus d’élus, mais le RN lui-même y aurait peut-être perdu. Marine Le Pen n’aime pas la concurrence et le combat des chefs qui l’a opposée à Eric Zemmour pendant la présidentielle l’a sûrement confortée dans son choix de faire cavalier seul. Sans le vouloir, son rival lui a toutefois rendu un fier service en occupant la place du diable dans les médias, faisant ainsi office de paratonnerre. L’idée d’union des droites, qu’il a échoué à imposer, était ce qui pouvait le plus déplaire à la gauche, car elle aurait détruit le piège jadis tendu par Mitterrand. Marine Le Pen pense échapper…
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Gouvernement fantoche et permanence du macronisme

Il est facile d’ironiser sur le patronyme du nouveau Premier ministre de la macronie, mais il annonce, en quelque sorte, le programme. Elisabeth Borne incarne la technocratie étatique qui conduit la France à sa perte depuis des décennies. Son action sera bornée, en effet, par un Président qui a pris l’habitude de travailler, non pas avec son conseil des ministres, mais avec ses propres conseillers, dans l’opacité de cénacles tels que le conseil de défense sanitaire, dont les délibérations sont protégées par le secret défense. Dans ce contexte, le Premier ministre risque de n’apparaître que comme le coordinateur des figurants de la République. Voilà beau temps, il est vrai, que les ministres éphémères abandonnent aux hauts- fonctionnaires inamovibles le traitement des dossiers importants ; mais Macron met sur la touche ces commis de l’État eux-mêmes, en recourant à des cabinets de conseil privé (souvent étrangers) ou en supprimant le corps diplomatique. Il réalise ainsi à son profit, sans rencontrer d’opposition réelle ou efficace, la prise de pouvoir personnelle qu’aucun candidat…
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Macron va récolter ce qu’il a semé

Nous sommes en retard. Mais c’est que Monde&Vie est en deuil. Le 12 avril, Mardi saint, Dieu a soudainement rappelé à Lui notre directeur, Jean-Marie Molitor, catholique, royaliste et patriote engagé. Ce numéro lui rend hommage. Notre rédaction partage la peine de son épouse Dominique et de sa famille. Le 24 avril, jour de la fête de la Divine Miséricorde instituée par Jean-Paul II, Emmanuel Macron a, hélas, été réélu Président de la République. 20 % seulement des Français inscrits sur les listes électorales l’ont choisi au premier tour et parmi les 38,5 % qui ont voté pour lui au deuxième, beaucoup ne s’y sont résigné que par opposition à Marine Le Pen, rediabolisée par les incantateurs médiatiques dès l’élimination d’Éric Zemmour. Macron est donc le Président d’un Français sur cinq. C’est ce simulacre électoral qu’on appelle, en France, la démocratie. Mais, justement parce que le jeu est truqué, il vaut peut-être mieux, après tout, que Macron reste au pouvoir. Malgré sa morgue et sa suffisance, il n’est qu’un pion…
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La Corse et le carcan

J’avais pensé que le quinquennat d’Emmanuel Macron pourrait se terminer dans l’émeute et l’incendie, mais je n’imaginais pas que cela se produirait en Corse. Tout, dans les événements qui se sont succédé depuis l’agression d’Yvan Colonna dans sa prison, le 2 mars dernier, montre la déliquescence de l’État macronien. Je vois deux volets dans cette affaire. Le premier concerne la situation des prisons françaises, illustrée par la tentative d’assassinat commise par un islamiste sur l’assassin du préfet Érignac, dans une salle de sport de la prison d’Arles où sont incarcérés cent trente détenus considérés comme très dangereux. Pseudo « franco-camerounais », natif du Cameroun, Franck Elong Abé faisait partie des quinze « DPS » (détenus particulièrement surveillés) de l’établissement. Parti en 2011 combattre avec les talibans en Afghanistan, et capturé par les Américains, ce « Français » de papier avait été remis aux autorités françaises et condamné en 2016 à neuf ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs terroristes. Sans l’agression perpétrée sur Colonna, auquel il reprochait d’avoir blasphémé contre Allah et son prophète, le brave islamiste…
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Macron, la Belette et le Lapin

Fabuleux fabuliste ! On en revient toujours à La Fontaine. À deux mois de la présidentielle de 2022, l’histoire du chat, de la belette et du petit lapin est des plus actuelle : « Du palais d’un jeune Lapin/ Dame Belette un beau matin/ S’empara ; c’est une rusée. » En fait de jeune lapin, Marine Le Pen court la garenne politique depuis déjà pas mal de temps, et Zemmour me fait plutôt penser à un furet qu’à une belette.Retenons pourtant cette distribution des rôles. Profitant de ce que Lapin Le Pen est parti chercher du trèfle électoral à droite et surtout à gauche, Belette Zemmour occupe le terrier : « Le Maître étant absent, ce lui fut chose aisée./ Elle porta chez lui ses pénates un jour/ Qu’il était allé faire à l’Aurore sa cour,/ Parmi le thym et la rosée. »Il faut souligner ici l’imprudence du lapin abandonnant les provisions amassées au trou familial pour aller chercher carotte ailleurs. Tombant de rosée en rusée, il s’avise un peu tard de ce risque :« La Belette avait mis le nez…
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Le président crotté

Le mois de janvier 2017 avait vu émerger le candidat Macron, à la faveur du montage Fillon ; il se pourrait qu’en janvier 2022, le Président ait gâché ses chances d’être réélu. Emmanuel Macron a fait une entrée en campagne remarquée, en affirmant avoir « très envie » d’« emmerder »les non vaccinés. Cette nouvelle manifestation d’arrogance contredit le repentir qu’il avait exprimé à l’occasion de ses voeux, quelques jours auparavant ; visiblement, il ne peut passe corriger de ces attitudes de sale gosse jamais sorti des jupes maternantes. Mais cette grossièreté répond aussi, comme il le dit lui-même, à une « stratégie ».Déployée depuis six mois avec le passe sanitaire, cette stratégie de l’emmerdement a consisté à se présenter comme le sauveur aux yeux d’une partie de la population et à en désigner une autre partie comme l’ennemie publique, « irresponsable et égoïste » disait-il au mois d’août, principale coupable de la propagation de l’épidémie de Covid. Diviser pour régner, le principe n’est pas nouveau. Il peut s’y ajouter des calculs politiques plus immédiats. À l’époque, ce discours nouveau (trois…
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