« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

Numéro en cours

Eric Letty

Eric Letty

Editorialiste

La Corse et le carcan

J’avais pensé que le quinquennat d’Emmanuel Macron pourrait se terminer dans l’émeute et l’incendie, mais je n’imaginais pas que cela se produirait en Corse. Tout, dans les événements qui se sont succédé depuis l’agression d’Yvan Colonna dans sa prison, le 2 mars dernier, montre la déliquescence de l’État macronien. Je vois deux volets dans cette affaire. Le premier concerne la situation des prisons françaises, illustrée par la tentative d’assassinat commise par un islamiste sur l’assassin du préfet Érignac, dans une salle de sport de la prison d’Arles où sont incarcérés cent trente détenus considérés comme très dangereux. Pseudo « franco-camerounais », natif du Cameroun, Franck Elong Abé faisait partie des quinze « DPS » (détenus particulièrement surveillés) de l’établissement. Parti en 2011 combattre avec les talibans en Afghanistan, et capturé par les Américains, ce « Français » de papier avait été remis aux autorités françaises et condamné en 2016 à neuf ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs terroristes. Sans l’agression perpétrée sur Colonna, auquel il reprochait d’avoir blasphémé contre Allah et son prophète, le brave islamiste…
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Macron, la Belette et le Lapin

Fabuleux fabuliste ! On en revient toujours à La Fontaine. À deux mois de la présidentielle de 2022, l’histoire du chat, de la belette et du petit lapin est des plus actuelle : « Du palais d’un jeune Lapin/ Dame Belette un beau matin/ S’empara ; c’est une rusée. » En fait de jeune lapin, Marine Le Pen court la garenne politique depuis déjà pas mal de temps, et Zemmour me fait plutôt penser à un furet qu’à une belette.Retenons pourtant cette distribution des rôles. Profitant de ce que Lapin Le Pen est parti chercher du trèfle électoral à droite et surtout à gauche, Belette Zemmour occupe le terrier : « Le Maître étant absent, ce lui fut chose aisée./ Elle porta chez lui ses pénates un jour/ Qu’il était allé faire à l’Aurore sa cour,/ Parmi le thym et la rosée. »Il faut souligner ici l’imprudence du lapin abandonnant les provisions amassées au trou familial pour aller chercher carotte ailleurs. Tombant de rosée en rusée, il s’avise un peu tard de ce risque :« La Belette avait mis le nez…
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Le président crotté

Le mois de janvier 2017 avait vu émerger le candidat Macron, à la faveur du montage Fillon ; il se pourrait qu’en janvier 2022, le Président ait gâché ses chances d’être réélu. Emmanuel Macron a fait une entrée en campagne remarquée, en affirmant avoir « très envie » d’« emmerder »les non vaccinés. Cette nouvelle manifestation d’arrogance contredit le repentir qu’il avait exprimé à l’occasion de ses voeux, quelques jours auparavant ; visiblement, il ne peut passe corriger de ces attitudes de sale gosse jamais sorti des jupes maternantes. Mais cette grossièreté répond aussi, comme il le dit lui-même, à une « stratégie ».Déployée depuis six mois avec le passe sanitaire, cette stratégie de l’emmerdement a consisté à se présenter comme le sauveur aux yeux d’une partie de la population et à en désigner une autre partie comme l’ennemie publique, « irresponsable et égoïste » disait-il au mois d’août, principale coupable de la propagation de l’épidémie de Covid. Diviser pour régner, le principe n’est pas nouveau. Il peut s’y ajouter des calculs politiques plus immédiats. À l’époque, ce discours nouveau (trois…
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Un caillou dans la chaussure de nos politiciens

Le 12 décembre pour la troisième fois depuis 2018, nos compatriotes néo-calédoniens seront invités à se prononcer pour ou contre l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. En 1998, les accords de Nouméa avaient prévu d’engager cette île française du Pacifique « sur la voie de la pleine souveraineté »et d’organiser un référendum d’autodétermination, au plus tard en2018. Si, malgré tout, le résultat du scrutin ne donnait pas la victoire aux indépendantistes, il était prévu d’en organiser deux autres, en 2020 et 2021 ; sur les trois, on parviendrait peut-être au résultat espéré… Par une arithmétique peu équitable, il faut, en effet, que les loyalistes gagnent les trois consultations pour que la Nouvelle-Calédonie reste française ; mais il suffirait que les indépendantistes en remportent une seule pour qu’elle cesse de l’être !Le référendum de 2018 ayant donné une large victoire (56,7 %) aux partisans du maintien du territoire dans la France, on en a donc organisé un deuxième en2020, également gagné par les loyalistes (53,3 %). La troisième tentative est programmée pour le 12décembre. Les indépendantistes la jugent-ils…
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La confession est un secret catholique

Des flots d’encre après des flots de larmes. Le rapport Sauvé sur les violences sexuelles commises sur des mineurs au sein de l’Église catholique a déjà fait l’objet de nombreux commentaires, auxquels j’ajouterai pourtant quelques réflexions.En premier lieu, concernant l’intention qui a poussé la Conférence des évêques de France à le commander. Il est louable de vouloir faire la lumière sur des actes criminels d’autant plus insupportables qu’ils ont été perpétrés par des chrétiens, et à plus forte raison des prêtres, apôtres de Jésus-Christ. Même si une petite minorité d’entre eux seulement est concernée, cela suffit à jeter l’opprobre sur l’ensemble des serviteurs de Dieu et les dégâts psychologiques et spirituels sur les victimes sont considérables. Il était donc indispensable de vider l’abcès, ce dont les évêques ont chargé une « commission indépendante ». C’est une première interrogation. Il ne manque pas de clercs et de laïcs catholiques qui auraient pu s’en charger sans rien dissimuler, ni relativiser. Les évêques ont-ils craint que leur bonne foi ne soit pas suffisamment établie aux…
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Macron, le global président

Trois p'tits tours et puis… s’en retournent. Au lendemain de la dénonciation unilatérale par l’Australie d’un contrat portant sur la fourniture par la France de douze sous-marins, Emmanuel Macron a rappelé, le 17 septembre, les ambassadeurs de France en Australie et aux États-Unis – notre bon allié américain nous soufflant cet énorme marché. Pour protester contre ce coup de Jarnac, le président français montrait donc à la fois ses muscles et les dents : les Yankees n’avaient qu’à bien se tenir ! Cinq jours plus tard, Macron et le Président Joe Biden publiaient un communiqué commun, indiquant qu’ils avaient« décidé de lancer un processus de consultations approfondies, visant à mettre en place les conditions garantissant la confiance et à proposer des mesures concrètes pour atteindre des objectifs communs ». Tout va très bien, madame la marquise… Parallèlement, Macron annonçait le retour de notre ambassadeur à Washington. É finita la commedia.La France pourrait pourtant prendre plusieurs mesures de rétorsion à l’égard de ses faux amis, par exemple en bloquant l’accord de libre-échange encours de…
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Macron, exemple d’autorité illégitime

… Et si Emmanuel Macron avait raison d’imposer le « passe sanitaire » ? S’il était légitime que l’État bride les libertés pour assurer le bien commun en élaborant une politique sanitaire ? Ces arguments, qu’un ami m’opposait récemment, suscitent la réflexion ; mais elle ne tourne pas en faveur du président de la République.Rappelons d’abord quelques principes propres à nourrir le discernement. Concernant la liberté, d’abord : Dieu a créé l’homme libre – même si ce n’est pas au sens où le comprend Jean-Jacques Rousseau. Comme l’écrit saint Jean-Paul II dans Mémoires et identité, « les actes humains sont libres et, en tant que tels, ils en appellent à la responsabilité du sujet ».Liberté et responsabilité vont de pair. En particulier, chaque personne est responsable de son corps, qui « participe à la dignité de “l’image de Dieu” », dit le Catéchisme del’Eglise catholique publié en 1992.Concernant l’autorité, ensuite. Saint Paul appelle les chrétiens à être soumis à celles qui exercent le pouvoir, car elles sont établies par Dieu ; et le Christ Lui-même déclare à Pilate : « Tu n’aurais aucun…
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Deux coups politiques au coeur de l’été

Quinze jours après la spectaculaire défaite de La République En Marche aux élections régionales, son chef suprême, Emmanuel Macron, a entamé avec fracas sa campagne présidentielle. Avec son mépris coutumier de la France et des Français, il a choisi, pour réaffirmer son autorité contestée, de mater ce peuple indocile et de le diviser. Pour y parvenir, il joue, comme de coutume, sur la peur de l’épidémie et la menace du confinement, quitte à renier une fois de plus sa parole. Les yeux dans les yeux des Français, il avait solennellement déclaré, lors de son allocution télévisée du 24 novembre dernier : « Je veux être clair : je ne rendrai pas la vaccination obligatoire ».Il fallait donc s’attendre à ce qu’elle le devienne. Au-delà des sophismes du pouvoir, c’est fait. Ceux qui résisteront à la dictature sanitaire qu’il instaure seront frappés de mort sociale, comme les opposants politiques, naguère, en Union soviétique.Le nouveau variant delta sert de prétexte. Près de nous, l’Angleterre, beaucoup plus touchée que la France, n’impose pas à sa population de…
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