« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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Abbé de Tanoüarn

Abbé de Tanoüarn

Rédacteur en chef

Entretien avec Laurent Dandrieu : « Le christianisme pourrait aisément redevenir une idée neuve en Europe »

Dans votre livre Église et immigration, le grand malaise, vous pointez le danger d’une immigration massive. Mais pourquoi vous en prendre à l’Église ? N’est-ce pas là une question purement politique ? Il est évident que la responsabilité première n’est pas celle de l’Église. Il faut d’abord incriminer les politiques, mais d’autres s’en chargent amplement et l’on n’avait pas besoin de moi sur ce sujet. Pour autant, la responsabilité de l’Église est loin d’être nulle, et c’était pour le coup un sujet tabou, que les fidèles abordent depuis des décennies sous le manteau mais que personne n’avait vraiment osé aborder de front, et encore moins travaillé. Cette responsabilité, j’en prendrais deux symboles : le premier est raconté par Malika Sorel dans son livre Décomposition française, et date du gouvernement de Dominique de Villepin : « En février 2006, alors que je demande à l’un de ses conseillers, dans son bureau, la raison de l’impuissance du Premier ministre sur la question des expulsions de clandestins, je suis stupéfaite de m’entendre répondre que, à chaque fois…
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L’identité : on y tient

Sur l’identité chrétienne de la France, deux livres paraissent le même 12 janvier, ce ne peut être un hasard dans le Landernau parisien : il va s’en parler. L’un est signé par le rédacteur en chef Culture de Valeurs actuelles, Laurent Dandrieu. L’autre est le fait d’un blogueur bien connu Koz, de son vrai nom Erwan Le Morhedec. J’ai eu quelques bonnes feuilles du second et le livre du premier, livre intitulé tout simplement Église et immigration : le grand malaise et sous-titré Le pape et le suicide de la civilisation européenne. Le travail de Dandrieu est à son image, précis, charpenté, bien écrit. Et sur un tel sujet on voit l’âme affleurer ici ou là ce qui ne gâte rien. Je ne peux pas me prononcer définitivement sur le travail de Koz, puisque, pour l’instant, je n’en ai eu que les bonnes feuilles, publiées dans La Vie. Le titre est tout un programme : Identitaire, le mauvais génie du christianisme. Dans les textes que nous tenons en main, rien n’est fait pour…
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La politique des évêques français

NOS ÉVÊQUES PUBLIENT UN DOCUMENT CONSACRÉ À « RETROUVER LE SENS DUPOLITIQUE » OCCASION D’ÊTRE ENCENSÉS DANS LE QUOTIDIEN CAPITALISTE D’EXTRÊME GAUCHE LIBÉRATION. UNE GRANDE NOUVEAUTÉ, IL FALLAIT Y ALLER VOIR. Si c’est dans les pages de Politique générale que je vous propose cette réflexion sur la réflexion des évêques français à propos de la politique, c’est justement que leur document est très significatif non seulement de ce qu’ils pensent eux, mais de ce qu’on essaie de penser un peu partout face à la crise migratoire, de ce que pensent nos élites, de ce qui reste de pensée au Parti socialiste éclaté en diverses prétendances, et aussi de ce que signifie la fameuse « identité heureuse » chère à Monsieur Juppé, le candidat le plus à gauche parmi tous ceux qui se présentent à la Primaire de droite. Bref, quelque part entre Emmanuel Macron, Manuel Valls et Alain Juppé, une fois de plus nos évêques pensent au Centre, ils sont par conséquent au centre du débat, ils apparaissent comme représentatifs de la…
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Pourquoi et pour qui il faut voter ?

Aujourd’hui le vote de conviction est le premier vote utile. C’est dans cette perspective que nous disons : il faut voter à la Primaire de droite. La Primaire de droite est une première. Elle donne occasion à de nombreux candidats de se manifester tels qu’en eux-mêmes, avant que les sacro-saints parrainages politiques ne soient comptabilisés et les candidats qui ne font pas le poids, impitoyablement rejetés dans les ténèbres extérieures. Ainsi Jacques Myard – député de Maisons Laffitte se déclare-t-il fort heureux de sa campagne inutile, mais qui aura contribué à droitiser toujours plus le débat politique actuel. Car c’est de cela d’abord qu’il s’agit : il faut une parole libre. On en a assez des candidats du système, ces candidats dont Jacques Chirac, en 2002, fut l’archétype, élu à 82 % des suffrages sur un programme vide. Pour son discours d’intronisation, le grand Jacques évoqua (ce n’est pas une blague) la lutte contre le cancer et le code de la route. Temps perdu ! À l’époque, les idées ne pouvaient plus circuler,…
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Sacrilèges silencieux

Les djihadistes s’intéressent de plus en plus aux chrétiens, et pas seulement aux chrétiens d’Orient. C’est ce qui appert du dernier numéro de leur revue officielle mondiale Dabiq, intitulée « briser les Croix ». C’est dans cette perspective qu’a été odieusement théâtralisé l’égorgement du père Jacques Hamel. Sans chercher à atteindre à ces prodiges du sacrilège, il est vrai qu’un peu partout en Europe occidentale, on ferme les églises et on les transforme en des salles polyvalentes laïques. Alors que le désir de Dieu devient une expérience rare, les convoitises sont d’ordre plus matériel. Curieusement, pour ce qui est de notre France, la loi laïque de 1905 est une loi protectrice pour les bâtiments qui peuvent s’en réclamer, c’est-à-dire pour les édifices construits avant cette date fatidique. Mais sans la loi… les églises deviennent des proies, comme le montre l’affaire Sainte-Rita, qui a troublé la torpeur de notre été.On peut presque se demander si le sacrilège théâtralisé dans l’église Saint-Étienne du Rouvray, si la mort odieuse du Père Hamel n’est pas là…
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Une guerre asymétrique

« Comment un Niçois a-t-il pu s’en prendre à d’autres Niçois ? » Cette réflexion d’un journaliste, attrapée au vol sur France info le lendemain du sinistre 14 juillet, indique bien le degré d’inconscience dans lequel se trouve, en même temps qu’une partie de la population, la caste médiatique que l’on appelle un peu vite le quatrième pouvoir. La plupart des hommes politiques, autointoxiqués par leur propre discours mou, pensent sans doute aussi, non sans orgueil, que l’assimilation se fera toute seule : ces étrangers (Mohamed Lahouaiej-Bouhlel est Tunisien en l’occurrence) ont une chance folle de vivre en France, ils vont spontanément s’intégrer et ne rêvent en tout cas que de cela. La réalité est chaque fois bien différente… Mais nos hommes politiques continuent d’appliquer les recettes à la petite semaine qui ont eu tant d’insuccès depuis 2015. Un attentat à Nice ? Quelques frappes supplémentaires en Syrie (frappes qui, sur l’ordre des Américains, épargnent la plupart des groupes islamistes qui ne sont pas Daesh parce que les États-Unis veulent présenter des islamistes comme des…
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Multiculturalisme

Les mots ont beaucoup plus d’importance que l’on ne croit. Ce ne sont pas de simples signaux, juste destinés à nous faire réagir correctement. On le sent trop souvent, pourtant, dans la classe politico-médiatique où les mots ne valent la plupart du temps, que pour leur charge émotionnelle : communion ou indignation. Il est nécessaire d’aller au-delà de ces élans trop sensibles. Le mot multiculturalisme qui désigne couramment le projet de société que l’on nous prépare, est particulièrement important, c’est un mot à démythifier. Le pape François en fait le symbole de son programme politique pour l’Europe. C’est au nom de son engagement multiculturaliste qu’il vient de recevoir le prix Charlemagne décerné par la ville d’Aix la Chapelle, ancienne Capitale de l’Empereur. Le multiculturalisme aujourd’hui, c’est bien. On pourrait même dire : c’est le Bien, avec une majuscule. En son nom on reçoit les migrants. En son nom, on projette d’enseigner l’arabe en classe de Cours Préparatoire (merci Najat). Le multiculturalisme a de l’avenir, c’est le nom de notre avenir.Mais que signifie…
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En route... avec Patrick Tudoret

Le roman de Patrick Tudoret, L’homme qui fuyait le Nobel, publié cet automne chez Grasset, a été la belle nouvelle de cette rentrée littéraire. Nous revenons ici avec l’auteur, sur le sens de cette tentative : en plein XXe siècle, nous proposer un « roman de conversion », cela rappelle certes les grands ancêtres, Huysmans et Psichari, mais cela dénote aussi une ambition pour aujourd’hui et une allégresse d’écrire peu communes. J’ai rencontré Patrick Tudoret là où il aime écrire, dans le bruit d’un bistrot parisien. C’est dans cette atmosphère qu’ont résonné ses paroles, appelant à l’aventure spirituelle à la suite de son héros Tristan Talberg, découvrant la vraie vie du côté de Compostelle. Monde&Vie : Patrick Tudoret, vous situez votre dernier livre L’homme qui fuyait le Nobel dans le cadre du pèlerinage de Compostelle… Après Alix de Saint André, après Jean-Christophe Rufin, cela va devenir une mode chez les écrivains français de parler de Compostelle ? Patrick Tudoret : Ces auteurs racontent leur pèlerinage, ils en font le récit, non un roman. Je vous…
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