« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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Abbé de Tanoüarn

Abbé de Tanoüarn

Rédacteur en chef

Dialogue avec le général Faugère sur le grand désarroi des militaires

Peu de gens peuvent se vanter de connaître aussi bien la Grande muette que le général Faugère. En retraite depuis 2009, président pendant six ans des généraux de la deuxième section de l’armée de terre, toujours membre du G2S, il est particulièrement apte à donner son avis. Il le fait ici sans langue de bois. Mon Général… présentez-vous ! Je suis un officier général de l’armée de terre, 43 ans de service depuis le Prytanée jusqu’à mon dernier poste, comme inspecteur général des armées. J’ai passé 14 ans en corps de troupe, dans les forces spéciales au 13e régiment de dragons parachutistes à Dieuze et j’ai commandé le 35e régiment d’artillerie parachutiste à Tarbes. Au sein de l’administration centrale à Paris, j’ai été en charge de la préparation de l’avenir de l’armée de terre puis des armées (sous-chef d’état-major plans), c’est-à-dire de ce qui fait polémique aujourd’hui. En État-major de forces, j’ai participé à la création de la force d’action terrestre à Lille. Enfin, avant d’être inspecteur général des armées, j’ai…
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Un droit à la messe

Dix ans, cela fait dix ans que la liturgie traditionnelle est « en vente libre » dans la sainte Église de Dieu, ou plutôt dix ans que le processus de libéralisation, ordonné par un pape avec toute son autorité « motu proprio », est en cours. Il faut bien reconnaître que le Motu proprio, attendu pourtant, espéré ou craint, a pris tout le monde à contre-pied. On attendait un texte dans la logique de l’Indult de 1984, qui donne permission à quelques personnes ; on attendait un élargissement du Motu proprio Ecclesia Dei afflicta, qui, tout en condamnant Mgr Lefebvre parce qu’il avait sacré des évêques sans l’accord de Rome, avait aussi permis que naisse une première communauté traditionaliste explicitement liée à la Rome post-conciliaire, la Fraternité Saint-Pierre. Summorum pontificum ne se situe pas dans le domaine de permissions plus ou moins révocables ou de compassion plus ou moins condescendante. C’est un acte de droit, qui comporte, dans son article 1, l’idée que « le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le Bienheureux…
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Pour une généalogie de Michel Onfray

Qui sont les grands ancêtres de Michel Onfray, dans cet ésotérisme négationniste qui consiste, contre toute la communauté scientifique et contre tous les amis et les adversaires du Christ, à nier son existence historique ? Bruno Bauer ? Paul-Louis Couchoud ? Prosper Alfaric ? Cette généalogie n’est pas une généalogie de chercheurs, mais une généalogie d’aventuriers. On est frappé de la faible qualité scientifique des personnes qui, depuis un siècle et demi (pas davantage) se sont hasardées à soutenir l’idée que le Christ n’a jamais existé. J’ai sélectionné trois personnages, qui, malgré tout, dominent la bibliographie : Bruno Bauer, l’inventeur allemand de ce négationnisme christique ; Paul-Louis Couchoud, le Français élégant, mais qui n’est en rien un spécialiste de l’histoire du Premier siècle ; enfin Prosper Alfaric, prêtre défroqué, victime, nous le verrons, de la crise moderniste. Le premier penseur qui ait imaginé non seulement que tel récit évangélique est un mythe mais que l’existence même de Jésus relève de la mythologie, est un disciple de Hegel, Bruno Bauer (1809-1882), qui après avoir accusé son maître,…
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Entretien avec Jean Messiha 

J’ai rencontré l’homme qui a coordonné le programme du Front national, un personnage hors du commun, qui donne l’impression de voir plus loin que les politiques, tout en ayant le pouvoir d’expliquer de manière parfaitement claire sa vision à la fois économique et culturelle. Jean Messiha, vous apparaissez à qui vous croise comme un être… mystérieux… Il est vrai que j’ai un parcours singulier. Copte orthodoxe de naissance, j’ai reçu une éducation catholique, en particulier à Saint-Louis de Gonzague, où j’ai fait la grande partie de ma scolarité. Mais savez-vous qu’une grande partie du clergé copte a été élevée par les congrégations catholiques ? Il y a là pour moi deux spiritualités, qui ont bercé mon enfance, deux mondes. Et aujourd’hui, je vais à la messe dans le rite copte orthodoxe, mais il m’arrive souvent, pour des raisons de commodité, d’assister à la messe catholique, ici à Notre-Dame d’Auteuil. Une telle empreinte a-t-elle influé sur votre engagement politique ? Pour moi, faire de la politique, cela signifie d’abord « se mettre au service…
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Entretien avec Jean-Pax Méfret

Jean-Pax Méfret, le chanteur d’Occident, qui a bercé notre adolescence de cinquantenaires, sort un nouvel album : deux chansons poignantes, l’une sur le martyre des chrétiens d’Orient, “Noun”, l’autre en forme de prière, intitulée sobrement : “La force”. Mais d’où vient cette voix ? De quelle histoire poignante est-elle l’écho irremplaçable ? Vous avez toujours chanté, Jean-Pax, mais à quelle occasion avez-vous composé votre première chanson ? C’était après l’exécution du lieutenant Roger Degueldre. J’avais 16 ans, j’étais en prison, à Rouen, dans le quartier des activistes, j’y suis resté entre mai 1961 et septembre 1962, j’ai été le plus jeune détenu de France – pour cause d’Algérie française – en compagnie des plus grands seigneurs de l’armée française : les officiers avaient mis leurs décorations sur la porte de leur cellule. C’est dans cette atmosphère, quand j’ai appris l’exécution de Degueldre, c’est à ce moment que j’ai composé, en son honneur, ma première chanson. Elle commençait ainsi : « Dans le quartier des activistes, derrière une porte de fer, un officier parachutiste vient de coiffer son…
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Entretien avec Paul-Marie Coûteaux

Paul-Marie Coûteaux, faut-il sortir de l’euro ?   Il faut être politique. Ce n’est pas parce que l’euro est une mauvaise chose que l’on peut ou que l’on doit en partir. Comme disait Jean-Pierre Chevènement, « l’avion va dans une mauvaise direction. Ce n’est pas pour cela qu’il faut ouvrir le hublot et sauter à l’extérieur ». La vérité c’est qu’effectivement l’euro est une mauvaise chose pour notre économie, mais on ne voit pas comment il est possible d’en sortir. Ne l’oublions pas : la politique est l’art du possible. Il y a des choses que nous pouvons faire : reprendre le contrôle de nos frontières par exemple, assainir un Etat qui ne vit aujourd’hui que de sa dette. Pour parler plus spécifiquement de la monnaie, le pilotage politique de l’euro que l’on est parvenu à imposer à l’Allemagne est un moindre mal. Que pensez-vous de l’obsession monétaire que développe un Florian Philippot au Front national ? Je vois bien à quoi répond la stratégie de Philippot. D’abord il va chercher des voix là où il…
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Les signes d’un nouveau populisme chrétien / Entretien avec François Bousquet

François Bousquet est l’un des journalistes les plus talentueux de sa génération. Il a consacré son dernier livre à Patrick Buisson et à ce qu’il appelle « la droite buissonnière ». Il prolonge ici sa réflexion sur le populisme chrétien. Qu’est-ce qui a conduit Patrick Buisson à évoquer un « populisme chrétien » ? C’est dans un entretien au Monde, en date de juin 2013, que Buisson a lancé cette expression. La loi Taubira venait juste d’être adoptée par le Parlement en dépit de la très forte mobilisation de la Manif pour tous. C’est néanmoins cette mobilisation, à la fois par son intensité et par sa qualité, qui a poussé Buisson à formuler l’hypothèse d’un populisme chrétien. Dans cet entretien, qui fit alors un certain bruit, il évoquait une « phase que décrivait Lénine de politisation de catégories jusque-là réfractaires ou indifférentes à l’égard de la chose publique » et qui accédaient à une conscience civique et politique. Ce à quoi on assistait, ajoutait-il, c’est aux prémices d’une révolution culturelle. Gaël Brustier parlera plus tard d’un Mai…
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Entretien avec Alain de Benoist

Alain de Benoist est l’un des meilleurs analystes de notre évolution politique et sociale. Il nous offre ici une tentative de description précise d’un système qui repose avant tout, dans l’ensemble du monde occidental, sur un individualisme exacerbé. On parle aujourd’hui beaucoup du « Système ». Mais d’où vient ce mot et qui l’a employé le premier dans un sens politique ? Historiquement, on pourrait faire remonter l’usage politique du terme à 1719-1720, lorsque les quatre frères Pâris mirent un terme au « système de Law », c’est-à-dire au « système » imaginé par le financier d’origine écossaise John Law visant à remplacer, pour faciliter le commerce, les espèces métalliques par du papier-monnaie. L’événement fut assez marquant pour que Littré, dans son dictionnaire, définisse encore l’« antisystème » comme un « système financier opposé au système financier de Law ».À date plus récente, il faut signaler que, sous la République de Weimar, les nationalistes allemands dénonçaient volontiers le Systemzeit (le « temps du Système ») et qu’ils s’en prenaient aussi aux « politiciens du Système », à la « presse du Système », aux « partis du Système »,…
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