« Nous pensons qu’en France, le sursaut est possible, que les Français vont à nouveau s’aimer eux-mêmes et s’aimer entre eux, pour se redécouvrir tels qu’ils sont : viscéralement catholiques. »

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Abbé de Tanoüarn

Abbé de Tanoüarn

Rédacteur en chef

Pour la liberté de l’École - Entretien avec Virginie Subias Konofal 

Quelle est l’origine de la Révolution pédagogique que nous vivons aujourd’hui ?    La grande question c’est : l’Ecole est-elle un lieu de liberté et de libération ou un lieu de recentrement sur une communauté au nom d’une citoyenneté ? Ce dilemme apparaît dans toute sa force avec la Révolution française, à travers l’idée de nation. Au nom de la nation, chaque humain est pris comme membre d’un immense engrenage dont il doit être une pièce calibrée. L’enfant apparaît comme devant vivre au service de la société dans laquelle il reçoit une éducation pour devenir qui agriculteur, qui boulanger ou artificier, selon les besoins collectifs. On trouve déjà cela chez certains penseurs des Lumières, comme Voltaire, par exemple, qui refusait que l’on donne une éducation à ses paysans, parce qu’ils n’ont besoin que de savoir cultiver la terre. Nous avons une lettre de Voltaire à Damilaville, qui est très significative en ce sens : « Il est à propos que le peuple soit guidé et non qu’il soit instruit ; il n’est pas digne de…
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Entretien avec Guillaume Bernard

Branle-bas de combat au Front national. Florian Philippot démissionne. La perspective du Congrès, en mars 2018, précipite une recomposition interne mal pensée, qui pourrait ne rien changer à l’intérieur du Parti, au risque que d’autres tirent leurs marrons du feu… Florian Philippot quitte le Front national… Cela va tout changer selon vous ? Je crois surtout à une double manœuvre. Marine Le Pen a été intransigeante avec l’association Les Patriotes pour presser son président vers la sortie du Front national. Objectif : sauver sa tête à elle au Congrès de Mars 2018 en désignant un coupable de l’échec à la Présidentielle. De l’autre côté, en faisant monter la mayonnaise autour du « Couscousgate » de manière particulièrement caricaturale, Florian Philippot montre qu’il cherche à partir avant le Congrès de 2018 où lui et un certain nombre de ses amis risquaient de ne pas recueillir les suffrages des militants, qui souvent estiment qu’on doit lui attribuer, à lui d’abord, l’échec de Marine à la Présidentielle. D’une certaine façon, ils restent objectivement de connivence l’un avec…
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« Les hommes et les femmes de terrain contre les élus hors-sol »

Et si Emmanuelle Ménard était la révélation politique de la nouvelle Assemblée nationale, qui n’apporte, il faut le dire, que bien peu de nouvelles têtes un peu remarquables, malgré tous les petits nouveaux qui se pressent dans l’Hémicycle ? C’est notre pari à Monde&Vie. Vous avez été largement élue député de la VIe circonscription de l’Hérault. Que pensez-vous de la nouvelle assemblée dont vous faites partie, du travail qui y a été fait cet été et du travail que l’on peut y faire ? Je suis une novice. À ce titre, j’ai commencé par ouvrir grand mes yeux et mes oreilles : observer et écouter est toujours très instructif. J’ai pu constater une grande pagaille dès les premiers jours. On a beaucoup parlé d’amateurisme. Je ne crois pas que cela puisse se réduire à cela. Emmanuel Macron a constitué une petite armée, qu’il souhaite à ses ordres. Cela fonctionne très bien avec certains. Un peu moins avec d’autres, qui ont une expérience politique, de droite ou de gauche d’ailleurs, et qui apprécient…
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Entretien avec l'Abbé Loiseau

L’abbé Loiseau est une personnalité forte dans l’Église de France. Mais ce n’est pas en tant que fondateur d’une communauté que Monde&Vie l’interroge aujourd’hui, mais plutôt à cause de son extraordinaire connaissance du terrain, en l’occurrence parce qu’à Toulon, il a voulu faire de l’évangélisation des musulmans l’une de ses priorités. M l’abbé, cher Fabrice, pouvez-vous présenter votre œuvre aux lecteurs de Monde & Vie ?   J’ai fondé les Missionnaires de la Miséricorde divine en 2005 avec l’abbé Dubrule et l’abbé Gillet. C’est une communauté de droit diocésain, qui a été lancée avec les encouragements et plus que les encouragements, à la demande que m’a faite Mgr Rey, évêque de Toulon. Cette Communauté repose sur trois piliers : la dévotion à la Miséricorde, en particulier telle qu’elle a été révélée à sainte Faustine, avec l’adoration eucharistique et la forme extraordinaire de la liturgie romaine et enfin l’idée de la nouvelle évangélisation. Qu’est-ce que la nouvelle évangélisation pour vous ? La nouvelle évangélisation est nouvelle en ce qu’elle suppose, dans notre pratique apostolique,…
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Dialogue avec le général Faugère sur le grand désarroi des militaires

Peu de gens peuvent se vanter de connaître aussi bien la Grande muette que le général Faugère. En retraite depuis 2009, président pendant six ans des généraux de la deuxième section de l’armée de terre, toujours membre du G2S, il est particulièrement apte à donner son avis. Il le fait ici sans langue de bois. Mon Général… présentez-vous ! Je suis un officier général de l’armée de terre, 43 ans de service depuis le Prytanée jusqu’à mon dernier poste, comme inspecteur général des armées. J’ai passé 14 ans en corps de troupe, dans les forces spéciales au 13e régiment de dragons parachutistes à Dieuze et j’ai commandé le 35e régiment d’artillerie parachutiste à Tarbes. Au sein de l’administration centrale à Paris, j’ai été en charge de la préparation de l’avenir de l’armée de terre puis des armées (sous-chef d’état-major plans), c’est-à-dire de ce qui fait polémique aujourd’hui. En État-major de forces, j’ai participé à la création de la force d’action terrestre à Lille. Enfin, avant d’être inspecteur général des armées, j’ai…
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Un droit à la messe

Dix ans, cela fait dix ans que la liturgie traditionnelle est « en vente libre » dans la sainte Église de Dieu, ou plutôt dix ans que le processus de libéralisation, ordonné par un pape avec toute son autorité « motu proprio », est en cours. Il faut bien reconnaître que le Motu proprio, attendu pourtant, espéré ou craint, a pris tout le monde à contre-pied. On attendait un texte dans la logique de l’Indult de 1984, qui donne permission à quelques personnes ; on attendait un élargissement du Motu proprio Ecclesia Dei afflicta, qui, tout en condamnant Mgr Lefebvre parce qu’il avait sacré des évêques sans l’accord de Rome, avait aussi permis que naisse une première communauté traditionaliste explicitement liée à la Rome post-conciliaire, la Fraternité Saint-Pierre. Summorum pontificum ne se situe pas dans le domaine de permissions plus ou moins révocables ou de compassion plus ou moins condescendante. C’est un acte de droit, qui comporte, dans son article 1, l’idée que « le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le Bienheureux…
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Pour une généalogie de Michel Onfray

Qui sont les grands ancêtres de Michel Onfray, dans cet ésotérisme négationniste qui consiste, contre toute la communauté scientifique et contre tous les amis et les adversaires du Christ, à nier son existence historique ? Bruno Bauer ? Paul-Louis Couchoud ? Prosper Alfaric ? Cette généalogie n’est pas une généalogie de chercheurs, mais une généalogie d’aventuriers. On est frappé de la faible qualité scientifique des personnes qui, depuis un siècle et demi (pas davantage) se sont hasardées à soutenir l’idée que le Christ n’a jamais existé. J’ai sélectionné trois personnages, qui, malgré tout, dominent la bibliographie : Bruno Bauer, l’inventeur allemand de ce négationnisme christique ; Paul-Louis Couchoud, le Français élégant, mais qui n’est en rien un spécialiste de l’histoire du Premier siècle ; enfin Prosper Alfaric, prêtre défroqué, victime, nous le verrons, de la crise moderniste. Le premier penseur qui ait imaginé non seulement que tel récit évangélique est un mythe mais que l’existence même de Jésus relève de la mythologie, est un disciple de Hegel, Bruno Bauer (1809-1882), qui après avoir accusé son maître,…
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Entretien avec Jean Messiha 

J’ai rencontré l’homme qui a coordonné le programme du Front national, un personnage hors du commun, qui donne l’impression de voir plus loin que les politiques, tout en ayant le pouvoir d’expliquer de manière parfaitement claire sa vision à la fois économique et culturelle. Jean Messiha, vous apparaissez à qui vous croise comme un être… mystérieux… Il est vrai que j’ai un parcours singulier. Copte orthodoxe de naissance, j’ai reçu une éducation catholique, en particulier à Saint-Louis de Gonzague, où j’ai fait la grande partie de ma scolarité. Mais savez-vous qu’une grande partie du clergé copte a été élevée par les congrégations catholiques ? Il y a là pour moi deux spiritualités, qui ont bercé mon enfance, deux mondes. Et aujourd’hui, je vais à la messe dans le rite copte orthodoxe, mais il m’arrive souvent, pour des raisons de commodité, d’assister à la messe catholique, ici à Notre-Dame d’Auteuil. Une telle empreinte a-t-elle influé sur votre engagement politique ? Pour moi, faire de la politique, cela signifie d’abord « se mettre au service…
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